Éric Dupond-Moretti pressé d'intervenir pour accorder l'asile à Julian Assange en France

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Assange 1:50
Julian Assange est détenu au Royaume-Uni. © DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP
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L'association Robin des Lois demande à l'exécutif d'accorder l'asile politique au lanceur d'alerte Julian Assange. Et compte sur le soutien du nouveau ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, qui est l'ex-avocat du fondateur de WikiLeaks, pour peser dans ce dossier.

C'est une affaire sensible sur laquelle va devoir se pencher le nouveau gouvernement de Jean Castex. L'association Robin des Lois a appelé jeudi l'exécutif à accorder l'asile politique à Julian Assange, détenu au Royaume-Uni. Elle a également interpellé le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, qui n'est autre que l'ex-avocat du fondateur de WikiLeaks, et qui avait plaidé pour l'octroi de cette protection en février.

Éric Dupond-Moretti, lui-même, avait publiquement demandé à Emmanuel Macron l'octroi de cet asile politique, juste avant le confinement, et qualifiait alors la peine de prison que risque l'Australien de 49 ans d'"indigne, insupportable et contraire à l'idée que l'on peut tous se faire des droits de l'Homme".

"C'est inespéré pour Assange"

Le médiatique avocat semblait alors pleinement convaincu par la démarche, et l'association de défense des détenus s'en est souvenue, soutenu par le père d'Assange et ses avocats. Leur demande s'appuie notamment sur l'article 53 de la Constitution qui permet notamment au président de la République d'accorder l'asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté. Et avec Éric Dupond-Moretti au gouvernement, Emmanuel Ludot, l'avocat de Robin des Lois, ne pouvait rêver meilleur représentant auprès d'Emmanuel Macron. "C'est le moment ! On a Éric Dupond-Moretti garde des Sceaux, et ça, c'est quelque chose qui est inespéré pour Assange", réagit-il au micro d'Europe 1. 

Le statut d'Éric Dupond-Moretti a certes changé, "mais l'homme reste le même", veut croire Emmanuel Ludot. "C'est quelqu'un qui a les droits de l'Homme dans son ADN, qui ne reste pas insensible à une situation comme ça". Et de poursuivre : "Je crois qu'il va saluer l'opportunité qui s'offre à lui et au gouvernement. Je crois que c'est le moment ou jamais. J'ai peur qu'après, il soit trop tard."

Un coup à jouer au niveau international ?

Diplomatiquement, l'association estime aussi qu'il y a un coup à jouer, les États-Unis de Trump n'étant plus obnubilées par le cas Assange. En attendant, l'examen par la justice britannique de la demande de remise aux autorités américaines doit reprendre en septembre. Poursuivi aux États-Unis pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan, Julian Assange risque 175 ans d'emprisonnement. 

Europe 1
Par Justin Morin, édité par Antoine Terrel