Un ministre de l'Écologie doit-il s'affranchir des lobbies ?

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L'ancienne ministre Corinne Lepage et le lobbyiste Jean-Luc Archambault ont débattu mardi chez Nikos Aliagas de l'utilité, pour un ministre de l'Écologie, des représentants d'intérêts qui cherchent à l'influencer.

Mardi soir, le gouvernement sera "au complet", selon son porte-parole, Benjamin Griveaux. Un ou une nouvelle ministre de la Transition écologique et solidaire aura donc pris ses quartiers boulevard Saint-Germain, au siège du ministère. Le nouveau titulaire du portefeuille sera particulièrement attendu sur une question précise : son rapport aux lobbies. Dénoncés par Nicolas Hulot au moment d'annoncer sa démission, mardi dernier, ils seraient responsables de son impuissance politique. "Ça a encore un sens d'être ministre de l'Écologie", a tenu à affirmer Corinne Lepage au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1, mardi. "Vous défendez l'intérêt général face à des intérêts particuliers."

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"Dérapages" et "moyens détournés". Pour l'ancienne ministre de l'Environnement de 1995 à 1997, qui a salué le "courage" de Nicolas Hulot, "entendre toutes les parties prenantes" est "normal" à ce poste. "Là où ça ne va plus, c'est quand il y a des dérapages, quand l'influence intervient en dehors des espaces réservés au débat et quand des moyens sont détournés", dénonce celle qui fut un temps soutien d'Emmanuel Macron.

Entendu sur europe1 :
Il faut que les pouvoirs publics se donnent les moyens d'avoir une expertise propre

"Rechercher l'intérêt général, ça a un prix", lui répond Jean-Luc Archambault, président du cabinet de lobbying Lysios, qui critique de certaines pratiques prisées de quelques influenceurs. "Il faut que les pouvoirs publics se donnent les moyens d'avoir une expertise propre. Je ne veux pas être en face de gens qui disent oui ou non au dernier qui a parlé." Et le lobbyiste de proposer, pour contrer la réduction drastique du nombre de députés prévue pour 2022, une augmentation parallèle de celui des collaborateurs parlementaires "pour qu'ils puissent davantage approfondir les dossiers".

Le "débat contradictoire", nécessaire pour les députés. "Un député n'a jamais l'obligation de reprendre un amendement qui a été rédigé par quelqu'un d'autre pour mettre son nom dessous", abonde Corinne Lepage, aujourd'hui présidente de Cap21. "S'il bosse, il a un débat contradictoire. Quand vous entendez un lobby, vous devez entendre le plaidoyer des autres."

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec