"Toutes les catégories politiques sont favorables au référendum"... sauf LREM, indique Frédéric Dabi

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L'idée d'organiser un référendum à l'issue du "grand débat national" convainc près de 3 Français sur 4 (73%), selon un sondage paru dans le JDD, mais la majorité reste dubitative, à l'instar du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand.

Pour sortir de la crise des "gilets jaunes", une question se fait de plus en plus prégnante : y aura-t-il ou pas un référendum à l'issue du "grand débat" ? En tous les cas, selon un sondage Ifop pour le JDD, une très grande majorité de Français (73%) souhaite la tenue de ce référendum.

"73%, c'est un chiffre massif, 31% sont même tout à fait favorables", souligne Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l'Ifop. "Ce que montre cette question, c'est que beaucoup de Français ont intériorisé que la sortie du grand débat ne pourrait se faire qu'à partir d'un référendum", explique-t-il.

Seuls 47% des sympathisants LREM favorables. "Un élément notable : toutes les catégories politiques sont favorables au référendum, notamment la France Insoumise et le Rassemblement national. Seule une famille politique s'y montre défavorable : les sympathisants de la République en marche ne sont que 47% à souhaiter la tenue d'un référendum. Tout se passe comme s'ils avaient eux aussi intériorisé qu'un référendum pouvait parfois - et on l'a vu dans l'histoire de la Vème République, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac - se retourner contre son propre instigateur", conclut le sondeur.

De fait, cette consultation ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité. De son côté, Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, se dit prêt à consulter les Français, mais pas le même jour que les élections européennes. Il s'est confié à David Revault d'Allonnes, du JDD. "Il ne veut pas de référendum le 26 mai, le jour de l'élection européenne, ce ne serait pas une bonne idée", explique le journaliste. "Ne polluons pas ce débat, ne brouillons pas les messages. Pour lui, la campagne européenne doit être uniquement dédiée à l'Europe, et le référendum, si référendum il y a, doit avoir lieu à un autre moment, peut-être plus tard", poursuit-il.

"N'écrivons pas l'ordonnance avant d'avoir fait le diagnostic". "Le problème pour lui c'est qu'on ne parlerait pas des véritables enjeux européens : les GAFA, le dossier Alstom-Siemens, le Brexit, la PAC. Surtout, il préconise d'attendre la fin de se grand débat organisé par le président. 'N'écrivons pas l'ordonnance avant d'avoir fait le diagnostic", nous a-t-il dit à ce propos", cite David Revault d'Allonnes.