Emmanuel Macron et Alassane Ouattara à Bouaké : "comme François Mitterrand et Helmut Kohl"

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Neuf soldats français et un civil américain avaient perdu la vie à Bouaké en 2004. 1: 1:01
Neuf soldats français et un civil américain avaient perdu la vie à Bouaké en 2004. © Jean-Rémi Baudot / Europe 1
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Le président de la République Emmanuel Macron a participé dimanche à une cérémonie en souvenir de neufs soldats français tués en 2004, à Bouaké en Côte d'Ivoire, où il achève sa visite. L'événement reste une question très sensible pour les deux pays.
REPORTAGE

Les présidents français et ivoirien côte à côte, chacun avec son épouse, en silence, devant dix drapeaux, neuf français et un américain. C'est par cet hommage sobre, sans un mot, au milieu du lycée français de Bouaké qu'Emmanuel Macron a achevé ce matin sa visite en Côte d'Ivoire. En 2004, cette ville du centre du pays avait été le théâtre d'un bombardement de l’armée ivoirienne coûtant la vie à neufs soldats français de l'opération Licorne, qui assuraient le maintien de l'ordre dans la région.

"Réconciliation"

Les soldats avaient été bombardés par des Soukhoï de l'armée ivoirienne pilotés par des mercenaires. L'attaque avait fait 39 blessés. Un bombardement qui a marqué un tournant dans la crise ivoirienne de 2004 et envenimé les relations entre la France et la Côte d'Ivoire.Les bâtiments détruits par l'attaque ont été reconstruits, mais le lycée porte encore les stigmates du bombardement.

"Cette cérémonie vient sceller la réconciliation entre nos deux pays", a confié l'entourage d'Emmanuel Macron. C'est d'ailleurs la première fois qu'un président français se rendait à Bouaké. Un haut gradé confirme à Europe 1 : "Les deux président ici, c'est comme le 11 novembre avec François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun, se tenant la main".

Une stèle a été dévoilée à la mémoire des victimes. Mais beaucoup de questions restent en suspens et une enquête est en cours. Un procès va avoir lieu sans la présence les pilotes des avions, tandis que les familles attendent des réponses. Reste que la levée du secret défense n’est pour le moment pas prévue dans ce dossier.

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Jonathan Grelier