Second tour des municipales en juin : pourquoi l'exécutif prend des risques

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Le gouvernement a finalement décidé d'organiser les élections dès la fin du mois de juin, une décision "réversible" (photo d'illustration). 0:56
Le gouvernement a finalement décidé d'organiser les élections dès la fin du mois de juin, une décision "réversible" (photo d'illustration). © FRANCOIS MORI / POOL / AFP
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La décision d'organiser dès le 28 juin le second tour du scrutin, reporté pour cause d'épidémie de coronavirus, ne fait pas l'unanimité au sein de la majorité et pour cause : beaucoup pointent les risques politiques encourus par LREM, en cas de "vote sanction" face à une gestion de crise contestée. 

Au-delà du risque sanitaire, le choix du gouvernement d'organiser dès le 28 juin le second tour des élections municipales, reporté pour cause d'épidémie de coronavirus, présente-t-il des risques politiques ? Oui, selon certains membres de la majorité, qui n'étaient pas favorables à un scrutin avant l'été. 

 

"Tous les maires sortants s'affichent en distribuant des masques"

"C'est une terrible rupture d'égalité", tempête ainsi un élu LREM, pour qui le second tour ne pourra être qu'un fiasco pour les candidats LREM. "Depuis deux mois, tous les maires sortants s’affichent en distribuant des masques, les autres n’avaient pas le droit de faire campagne", argumente ce Macroniste, qui a plaidé personnellement auprès du Président pour un report d’un an. 

 

"C’est évident, il y aura une surprime aux sortants", analyse aussi un pilier de la majorité. Les raisons d'y croire sont nombreuses : une campagne sans meeting et sans tracts, mais aussi un fort risque d'abstention et le spectre d'un possible vote sanction contre exécutif.

Des chances réduites d'obtenir de nouveaux sièges au Sénat

 

Or, pour la majorité, de mauvaises municipales ruineraient les chances d’obtenir de nouveaux sièges LREM au Sénat. On comprend ainsi pourquoi l’opposition, notamment à droite, se montre plutôt satisfaite du choix de exécutif et reste en embuscade, notamment si l'épidémie obligeait à reporter à nouveau le scrutin.

 

Et un cadre de la majorité de soupirer : "Ceux qui ont dit merci aujourd’hui n’hésiteront pas à tirer à vue si ça tournait mal..."

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Margaux Lannuzel