Régionales : LREM réfléchit à des "pistes" pour "réinventer le front républicain", dit Attal

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Gabriel Attal était l'invité d'Europe 1. 2:25
Gabriel Attal était l'invité d'Europe 1. © Europe 1
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Alors que le premier tour des régionales a lieu dans douze jours, Gabriel Attal, porte-parole du Gouvernement, était l'invité d'Europe 1. "On jette toutes nos forces dans la bataille du premier tour", a-t-il dit, mais si le RN venait à arriver en tête, il serait envisageable de mélanger les candidats des listes majoritaires face à lui.
INTERVIEW

Forcé de réagir après l'agression du Président de la République mardi qui a été giflé, Gabriel Attal, porte-parole du Gouvernement, est aussi revenu mercredi sur Europe 1 sur les élections régionales dont le premier tour a lieu dans douze jours. "On jette toutes nos forces dans la bataille du premier tour", a-t-il dit, mais si le RN venait à arriver en tête, il serait envisageable de mélanger les candidats des listes majoritaires face à lui. "Cela fait partie des pistes qui sont regardées".

 

"Les sondages ne font pas une élection"

Même si le gouvernement se concentre sur le premier tour, plusieurs sondages montrent le Rassemblement national en bonne posture dans plusieurs régions, notamment les Hauts-de-France où Sébastien Chenu (RN) talonne Xavier Bertrand (LR) dans les intentions de vote, respectivement à 32% et 34%.

Pour autant, donner une consigne de vote avant même les résultats du premier tour n'a pas lieu d'être, rappelle Gabriel Attal, car "les sondages ne font pas une élection" : "Si on était là à expliquer ce qu'on ferait au deuxième tour dans telle ou telle région, alors que les Français ne se sont même pas prononcés au premier tour, les Français concernés pourraient se dire 'mais attendez, quel intérêt portent-ils à notre vote ?" 

Pas de retrait de liste mais une fusion, "une piste intéressante"

Toutefois, note le porte-parole du Gouvernement, "il y a eu en 2015 un front républicain qui s'est traduit par un effacement des forces politiques qui ont retiré leurs listes au profit d'une liste qui était arrivée plus haut face au RN. Est ce que ça a permis à la France de ne pas se retrouver, six ans plus tard, dans la même situation avec un Rassemblement national très haut ? La réponse est non." C'est pourquoi, affirme-t-il, "il y aura une réflexion dans la majorité" au sujet du front républicain et d'une éventuelle fusion entre des listes menées par des partis différents.

Stéphane Séjourné, conseiller politique d'Emmanuel Macron, propose par exemple que, à la place d'un retrait d'une liste, des personnalités de cette dernière aillent sur la liste qui resterait au second tour. Des sortes de transferts de candidats. "Je pense que c'est une piste intéressante", a appuyé Gabriel Attal. "Ça permet de réinventer ce front républicain et ça permet de dire qu'il n'y a pas d'effacement de forces politiques".

Ainsi, il y aurait "dans l'opposition au conseil régional, pas uniquement le Rassemblement national, mais d'autres tendances, certes très minoritaires, mais qui pourront s'exprimer pendant les six ans à venir."

Alors que la majorité présidentielle n'est pas spécialement en bonne position dans les derniers sondages sur les intentions de vote, à part en Centre-Val-de-Loire, Gabriel Attal s'est quand même voulu confiant : "Si nous sommes en tête dans une région et qu'il y a un risque de Rassemblement national, évidemment qu'on tendra la main, qu'on ouvrira nos listes et qu'on permettra à d'autres formations politiques d'être représentées".

Europe 1
Par Séverine Mermilliod