Réforme des retraites : SUD-Rail n'ira pas rencontrer Jean-Paul Delevoye lundi

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Eric Meyer, secrétaire fédéral SUD-Rail 3:00
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"Nous n'avons pas reçu d'invitation, et nous n'y serions pas allés", assure sur Europe 1 Eric Meyer, secrétaire général de SUD Rail Eric Meyer, troisième syndicat de la SNCF. "Les manifestants veulent une remise en cause du fond, et ce n'est pas proposé par le gouvernement. Tant qu'on a pas ça, pas de négociations."
INTERVIEW

Au troisième jour de grève contre la réforme des retraites, les transports en commun restent lourdement perturbés. La SNCF annonce un TGV sur 6 annulés et 85% des Transilien supprimés. Vendredi soir, le Premier ministre a annoncé qu'il présenterait mercredi l'intégralité du projet de loi du gouvernement, alors que les syndicats sont invités à rencontrer Jean-Paul Delevoye lundi pour découvrir les conclusions de la concertation. Eric Meyer, secrétaire fédéral du syndicat Sud Rail, troisième syndicat de la SNCF, réagit au micro d'Europe 1. 

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"Nous n'avons pas reçu d’invitation, et de toute façon nous n'y serions pas allés", assure-t-il. "Les annonces du Premier ministre de vendredi soir sont sur la table depuis plusieurs mois, voire un an. Les manifestants veulent une remise en cause du fond, et ce n'est pas proposé par le gouvernement. Tant qu'on a pas ça, pas de négociations."

"Qu'est-ce qu'il reste de spécial ?"

Le secrétaire réagit également aux annonces d'Edouard Philippe sur l'abandon des régimes spéciaux. "Les cheminots ont déjà subi deux réformes des retraites, qu’est ce qu'il reste de spécial ? Le calcul sur les six derniers mois, il ne reste que ça", explique-t-il. En termes de nombre de trimestre de cotisations, nous sommes alignés sur le régime général." Et Eric Meyer de critiquer les fausses idées sur la situation des cheminots. "Aujourd'hui, on nous laisse la possibilité d'ouvrir nos droits à la retraite à 52 ans mais avec des décotes si nous n’avons pas effectué le nombre de semestres suffisants. Vous ne trouverez plus aucun cheminot qui part à la retraite à 52 ans." 

Sur le sujet de la pénibilité, Eric Meyer rappelle les conditions de travail particulière des cheminots. "Il y a les horaires décalées, les trois huit, le travail de nuit à gratter des cailloux... Il n'y a pas que des conducteurs de trains à la SNCF", rappelle-t-il. "Nous avons aussi dans des agents d'équipement sur les voies la nuit, quand il gèle, quand il fait chaud..." Il est contre l'universalité. "Aucun métier n'est le même, c'est bien pour ça qu'il y a 42 régimes de retraites. Respectons un peu ce qu'on fait nos anciens."

Une journée de mobilisation mardi

La mobilisation pourrait durer encore la semaine prochaine. SUD-Rail n'a qu'un seul mot d'ordre : organiser la grève afin que le maximum de cheminots puissent défiler lors de la nouvelle journée de manifestation mardi. Mais également organiser 150 assemblées générales sur l'ensemble du territoire. 

"Deux éléments seront déterminants : le nombre de personnes dans la rue et le nombre de secteurs en grève", juge Eric Meyer. "Depuis jeudi, le nombre de secteurs en grève augmente." Les raffineries se sont jointes au mouvement, ainsi que les transporteurs routiers qui organisent des opérations de barrages filtrants sur l'ensemble du territoire.

Une pensée pour les usagers

La mobilisation contre la réforme des retraites a été souvent comparée avec les manifestations et grèves massives de 1995. A l’époque, Eric Meyer était âgé d’une vingtaine d’années. "Le problème des hommes politiques, c’est qu’ils mesurent leur dureté par le nombres de personnes qu’ils mettent dans la rue. On connait la proximité d’Edouard Philippe avec Alain Juppé, alors j’espère que ce dernier lui donnera le bon conseil : retirer ce projet et s’en aller."

Cette mobilisation massive a évidemment un impact lourd pour les usagers et les commerçants. Eric Meyer assure qu’il a une pensée pour tous. "Ce n'est pas nous qui sommes responsables. Mais je souhaite dire aux usagers 'C’est quelques jours de galère contre, au bout de votre carrière, travailler trois ans de plus pour avoir des centaines d'euros de pension en moins. Faites votre choix.'"

 

Europe 1
Par Mathilde Durand