En déplacement dans le Nord de la France, Laurent Nunez a signé, avec son homologue britannique, un accord migratoire destiné à mieux lutter contre les traversées illégales de migrants.
Un accord migratoire a officiellement été signé entre la France et le Royaume-Uni ce jeudi, à l’occasion d’un déplacement du ministre de l’Intérieur dans le Nord. Il s’agit du traité de Sandhurst, qui prévoit notamment le déploiement de 1.400 policiers et gendarmes sur les côtes du littoral nord d'ici 2029.
Une mesure forte face à l’afflux de migrants. Londres garantit ainsi de verser 580 millions d’euros à Paris pour aider à lutter contre les traversées illégales, les autorités éprouvant toujours autant de difficultés à démanteler ces réseaux.
Pour chaque migrant, des sommes entre 1.000 et 5.000 euros
Et pour cause, ces derniers sont gérés par des passeurs très difficiles à identifier, qui gèrent leur trafic à distance, parfois à plusieurs milliers de kilomètres de l’Hexagone.
"C’est vraiment piloté comme un réseau de trafic de stupéfiants. Par exemple, les grands trafiquants de drogue marseillais sont à Dubaï, et bien pour les passeurs qui tirent les ficelles, c’est pareil. Ils pilotent par téléphone, et sont très rarement sur place", explique Guillaume Sarrazin, agent à la police aux frontières et délégué du syndicat Alliance.
Tout se passe sur les messageries cryptées. Depuis l’étranger, les têtes de réseau mettent en relation les migrants qui attendent de traverser la Manche, avec un complice disposant d’une embarcation. "Le bateau arrive avec un barreur. Lui, il a juste un point, une plage par exemple. Il remonte la côte 30 minutes et là, il y a un groupe qui l’attend dans l’eau", ajoute-t-il.
Pour chaque migrant, les chefs de réseau touchent entre 1.000 et 5.000 euros selon la qualité de l’embarcation mise à disposition. Le barreur, lui, touche une petite partie de cette somme. Des paiements effectués généralement via des plateformes difficiles à tracer comme Paypal.
Les autorités peinent ainsi à identifier et à interpeller les organisateurs basés à l’étranger, et donc à démanteler les réseaux.