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Accord sur l'immigration avec Nigel Farage : Jordan Bardella précise ses ambitions à l’international

Jordan Bardella est accusé de vouloir créer des centres de retour pour migrants. [Dan Kitwood / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP]

Jordan Bardella cherche à renforcer son image à l’international. Vendredi dernier, il a signé avec Nigel Farage un texte sur l’immigration clandestine. Une initiative qui a rapidement provoqué de nombreuses critiques en France.

Jordan Bardella par delà les frontières. Le président du RN était à Londres aux côtés de Nigel Farage, le leader de Reform UK, ce vendredi. Les deux responsables politiques ont signé un projet d'accord portant sur l'immigration clandestine traversant la Manche. 

"Les deux pays s'engagent à mener une politique migratoire nationale restrictive qui met fin à toute incitation à l'immigration illégale", peut-on lire dans le document. Le texte, qui ne constitue pas un accord gouvernemental à ce stade, aurait vocation à être mis en œuvre si les deux partis parvenaient à accéder au pouvoir dans leurs pays respectifs.

Composé de deux pages et articulé autour de cinq engagements, le document se voulait avant tout politique et symbolique. Pour Jordan Bardella, cette signature représentait également une occasion de renforcer ses relations avec une figure majeure de la droite britannique et d'affirmer son ambition sur la scène internationale.

Mais dans les heures qui suivent, une mesure éclipse tout le reste du texte. Elle prévoit que les migrants clandestins tentant de traverser la Manche depuis les côtes françaises puissent être interceptés par les autorités britanniques puis ramenés dans l'Hexagone.

Une proposition qui provoque un tollé en France

La mesure a immédiatement déclenché une avalanche de critiques dans la classe politique française. De La France insoumise aux Républicains, en passant par Reconquête et les représentants du bloc central, les réactions ont été particulièrement virulentes.

Certains responsables politiques ont dénoncé une "supposée soumission à Londres", un "revirement lamentable du RN" ou encore une "humiliation pour la France". Appelé à être Premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027, Jordan Bardella est même accusé de vouloir créer des centres de retour pour migrants.

L'eurodéputé qui comptait par ce déplacement asseoir sa stature internationale se défend et fustige les donneurs de leçons en rappelant que ce protocole promet surtout l'arrêt de l'immigration clandestine en France.

À l'approche de la prochaine campagne présidentielle, Jordan Bardella cherche à affirmer et porter les positions de son parti au-delà des frontières françaises, alors que le RN est toujours grand favori des sondages.