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Accord migratoire entre Paris et Londres : le bilan à mi-course est mitigé

[Sameer Al-DOUMY / AFP]

L'accord devait réduire le nombre de traversées illégales de la Manche. Six mois après l'accord entre Londres et Paris sur l'immigration illégale, qui vise à renvoyer systématiquement les migrants arrivant par bateau en Angleterre, la situation s'est elle vraiment améliorée ? La situation est assez contrastée. 

Il y a six mois Paris et Londres concluaient un accord migratoire permettant d’échanger des migrants. Avec un principe très simple pour tenter de limiter les traversées dangereuses de la Manche : renvoyer les migrants en France arrivée par smallboat au Royaume-Uni à chaque fois. En échange, Londres accepte d'accueillir légalement des migrants se trouvant en France. 

Mais six mois après, le bilan est mitigé car l'ambition de cet accord lors de la signature était de réaliser 2.500 échanges d’ici à juin prochain. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, seuls 305 migrants ont été renvoyés en France, 367 admis au Royaume-Uni.

Un dispositif de sécurité important

Si l’équilibre entre les deux pays est plutôt respecté, l’objectif cible est encore loin d'être approchée. Car les échanges prennent du temps et concentrent des moyens. Il faut trouver des volontaires à la réadmission, puis organiser les traversées via des vols spécialement affrétés. 

Jeudi dernier, la police aux frontières a réceptionné par exemple 24 migrants à Roissy. Selon les informations d’Europe 1, chaque clandestin était escorté par un agent britannique. Car à l’intérieur de l’avion, les reconduits ne sont pas entravés, ils ne peuvent pas être menottés. Il faut alors une sécurité et un encadrement important.

Une fois dans l’aérogare, les policiers doivent leur délivrer une autorisation de traverser la frontière, puis des agents aéroportuaires doivent les accompagner jusque sur les tapis roulant pour qu’ils récupèrent leurs bagages, avant d’être remis auprès de membres d’associations d’aide aux réfugiés. Ils ont alors 8 jours pour régulariser leur situation en préfecture.