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Politique migratoire européenne : Paris opposée aux «plateformes de retour»

Le ministre en charge de l'Europe, Benjamin Haddad, le 10 décembre 2025 [ROMAIN PERROCHEAU / AFP]

Le parlement européen tend à durcir la politique migratoire de l'Union, notamment grâce à la création de "plateformes de retour" situées dans des pays tiers. Un dispositif auquel la France est opposé. 

Comment rendre l'expulsion de migrants plus efficace au sein de l'Union européenne ? Une question sur laquelle se penche le Parlement européen, qui a adopté la semaine passée un nouveau texte en ce sens

Visant à durcir la politique migratoire des 27, il tend à créer des "plateformes de retour", ou "hubs", situés dans des pays tiers à l'extérieur de l'Europe. Pourront y être envoyés des migrants en séjour irréguliers, notamment ceux dont la demande d'asile a été rejetée. Pour l'heure, la France se dit défavorable à un tel dispositif. 

Un modèle testé par l'Italie

"Nous avons besoin de renforcer le contrôle extérieur des frontières de l'Union européenne, avec un principe simple : ceux qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire européen, doivent le quitter", assurait Benjamin Haddad. 

Si dans son ensemble le ministre de l'Europe se montre particulièrement favorable au texte adopté la semaine dernière, il refuse catégoriquement le principe des "hubs de retour". Situés dans des pays tiers, comme le Rwanda ou l'Ouzbékistan, chaque état membre pourra conclure avec eux des accords bilatéraux de réadmission.

Si le système a été testé par l'Italie en Albanie, il a longtemps été ralenti par des contestations judiciaires. De son côté, comme le rappelle Benjamin Haddad, Paris "n'est pas favorable à l'utilisation de ces 'hubs', en tout cas sceptique sur leur efficacité, notamment sur leur coût". 

Une position en forme de revirement pour Paris, car lorsque Bruno Retailleau était à Beauvau, le ministre avait engagé des discussions sur le sujet avec l'Irak, l'Égypte et le Kazakhstan. Des pourparlers réalisés avec l'aval de l'Élysée.

Pour l'heure, le cadre actuel continue de s'appliquer bien qu'il présente des difficultés notoires pour expulser des ressortissants que les pays d'origine refusent de reprendre.