Gérald Darmanin va devoir arbitrer entre ces deux courants politiques. 1:28
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Alexandre Chauveau / Crédit photo : FIRAS ABDULLAH / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY VIA AFP
Alors qu'Élisabeth Borne avait annoncé le report de la présentation du projet de loi sur l'immigration à l'automne, la Première ministre fait finalement machine arrière. Le projet sera présenté dès le mois de juillet. Si on ne connaît pas le contenu précis de ce nouveau texte, une certitude, la création d'un titre de séjour pour les métiers en tension est au centre de toutes les attentions.

À la demande d'Élisabeth Borne, Gérald Darmanin va relancer les consultations en vue de présenter cet été une deuxième version du projet de loi immigration, après celle de février dernier. Mais les doutes subsistent toujours sur le contenu du texte. Initialement, celui-ci comportait un volet "répression" et la création d'un titre de séjour pour les métiers en tension. Ce titre de séjour, censé répondre à la pénurie de main-d'œuvre, concentre toutes les attentions.

Gérald Darmanin doit désormais trouver une majorité

Pour la droite, c'est un moyen de régulariser massivement des clandestins. Les Républicains (LR) y sont donc farouchement opposés. En revanche, la gauche de la macronie y voit une mesure d'équilibre face au volet répressif du texte.

Gérald Darmanin va donc devoir arbitrer entre ces deux courants politiques. Mais le ministre de l'Intérieur le sait, c'est avec la droite qu'il peut obtenir une majorité. D'ailleurs, Les Républicains devraient déposer prochainement deux propositions de loi sur le sujet, avec des mesures présentées comme radicales et surtout non négociables. "C'est à eux de se positionner sur nos textes et on ne bougera pas", prévient un stratège LR.

Un bras de fer s'annonce entre Darmanin et Les Républicains

Le bras de fer promet d'être ferme. Car, le ministre de l'Intérieur ne souhaite pas réitérer la stratégie de la réforme des retraites où le gouvernement avait cédé assez rapidement aux exigences de la droite. Même si, selon les informations d'Europe 1, Gérald Darmanin s'estime prêt, in fine, à retirer ce titre de séjour de son projet de loi. Tout est négociable, résume-t-on ainsi Place Beauvau.

Une problème demeure, Élisabeth Borne semble réticente à l'idée de se mettre à dos l'aile gauche de la majorité. Une divergence qui pourrait être tranchée directement à l'Élysée par Emmanuel Macron.