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avec AFP , modifié à
La ministre de l'Éducation, Amélie Oudéa-Castéra, est au cœur d'une polémique pour avoir scolarisé ses enfants dans une école privée, en raison du non-remplacement des professeurs dans le public. À son arrivée à l'école publique Littré, la ministre a été accueillie par un concert de huées, mais a tenu à présenter ses "excuses" aux enseignants de l'établissement.

La nouvelle ministre de l'Éducation nationale Amélie Oudéa-Castéra, au cœur d'une polémique liée à la scolarisation de ses enfants, a été huée et sifflée à son arrivée mardi à l'école publique Littré, d'où elle avait retiré son fils ainé pour le mettre dans le privé, a constaté l'AFP. La ministre, visage fermé, est arrivée aux alentours de 11h45 avant de pénétrer sans un mot dans l'établissement scolaire situé dans une rue étroite du 6e arrondissement de Paris.

 

Amélie Oudéa-Castéra a été accueillie par un concert de huées, de sifflets et de casseroles par une trentaine de personnes manifestant "pour la défense de l'école publique". "Fais comme tes enfants, retourne dans le privé", lui a lancé un des manifestants à son arrivée. "Il y en a assez assez de cette politique, qui casse l'école publique, ne roule que pour le fric", ont notamment scandé les manifestants.

La ministre regrette "de les avoir cités nommément"

La ministre a souligné qu'elle "devait" des "excuses" pour avoir "blessé" les enseignants et qu'elle "regrettai(t) de les avoir cités nommément" devant la presse lorsqu'elle avait évoqué, vendredi dernier, les "paquets d'heures" "pas sérieusement remplacées" dans le public. "J'ai à cœur qu'ils puissent être un peu épargnés de tout ça et retravailler dans la sérénité", a-t-elle souhaité.

"C'était aussi une conversation utile, constructive, dans laquelle on a évoqué ensemble l'avenir de l'école. Ils m'ont fait part de leurs attente, de leur vision de comment améliorer et traiter les problèmes de l'école. C'est cette feuille de route que je vais continuer à porter, en restant à l'écoute", a ajouté la ministre. Elle a aussi clamé sa volonté de "continuer le dialogue social" avec les syndicats. Elle a affirmé vouloir retourner sur le terrain dès la fin de la semaine et "dans les semaines qui viennent, pour traiter les problèmes et pour faire réussir l'école".

Des propos qui provoquent un tollé

Nommée jeudi à la tête d'un super ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des JO, la ministre est embourbée dans une polémique depuis des propos tenus vendredi à l'issue d'un déplacement avec le Premier ministre Gabriel Attal dont le gouvernement affronte sa première tempête.

Tant son choix d'inscrire ses trois fils à l'école Stanislas, prestigieux établissement privé des beaux quartiers de la capitale, que ses motivations déclarées, à savoir "des paquets d'heures pas sérieusement remplacées" dans le public, ont provoqué un tollé.

La ministre a tenté de faire machine arrière en disant "regretter" d'avoir "pu blesser certains enseignants" mais la controverse continue d'être alimentée par les syndicats enseignants tout comme par la gauche et l'extrême-droite qui l'accusent d'avoir menti sur ses motivations et réclament sa démission.