Macron juge "indispensable" la "structuration de l'islam en France"

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Macron a vu une "erreur funeste" dans le fait de vouloir, "en parlant de la laïcité, parler du seul sujet de l'islam".
Macron a vu une "erreur funeste" dans le fait de vouloir, "en parlant de la laïcité, parler du seul sujet de l'islam". © AFP
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Le chef de l'État a réaffirmé jeudi qu'il tiendrait au cours de son mandat un discours "dépassionné" sur la laïcité.

Le président Emmanuel Macron a jugé jeudi "indispensable" de mener "un travail sur la structuration de l'islam en France", afin qu'il ne tombe pas dans la "crise" qu'il vit au plan international, lors de ses vœux aux autorités religieuses.

Le chef de l'État, qui recevait à l'Elysée des représentants des six principaux cultes présents en France (catholique, protestant, orthodoxe, musulman, juif et bouddhiste), a réaffirmé qu'il tiendrait au cours de son mandat un discours "dépassionné" sur la laïcité. "Mon vœu pour 2018 est que la France devienne avec vous ce modèle de laïcité sachant écouter les voix du pays dans leur diversité, capable de construire sur cette diversité une grande nation réconciliée et ouverte sur l'avenir", leur a-t-il lancé.

Macron plaide pour "un travail de restructuration de l'islam". Le président de la République a vu une "erreur funeste" dans le fait de vouloir, "en parlant de la laïcité, parler du seul sujet de l'islam". Mais il a plaidé, à l'adresse des représentants musulmans, pour "un travail sur la structuration de l'islam en France, qui est la condition même pour que vous ne tombiez pas dans les rets des divisions de votre propre religion et de la crise qu'elle est en train de vivre sur le plan international". Ce travail "moral, philosophique" mais aussi "d'organisation" est "indispensable et je vous y aiderai", a-t-il enchaîné.

Des débats, avant de légiférer sur les dossiers bioéthiques. Évoquant les sujets sensibles, le président a redit qu'il attendait que les responsables religieux prennent "toute (leur) part" au "vrai débat philosophique" qui va s'engager avant de légiférer sur les dossiers bioéthiques, dont l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Alors que des ONG chrétiennes ont émis de vives critiques à l'encontre de la politique migratoire du gouvernement, Emmanuel Macron a défendu la nécessité de "choisir le moindre mal" dans l'accueil des migrants, "et le moindre mal c'est aussi parfois de savoir dire qu'on ne peut prendre toute la part qu'on voudrait prendre, parce qu'on ne le peut pas".

Le recteur de la grande mosquée de Paris, pas convié. Lors de ces vœux, chaque culte était représenté par deux personnes - Ahmet Ogras et Anouar Kbibech au nom du Conseil français du culte musulman (CFCM) -, voire une seule. Le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s'était ému de ne pas avoir été invité, claquant la porte du CFCM par mesure de rétorsion. Emmanuel Macron n'en a pas fait mention dans son discours.