Ecologie : en 2018, "la prise de conscience est terminée et massive"

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Interrogé par Bernard Poirette, sur Europe 1, le sociologue Gérard Mermet estime qu'en 2018 les Français ont commencé, après des années de déni, à agir concrètement en faveur de l’écologie et de la lutte contre le réchauffement climatique.
INTERVIEW

Il questionne notre avenir. Le sociologue Gérard Mermet publie Francoscopie 2030 : Nous aujourd'hui et demain chez Larousse. Un ouvrage régulièrement réédité depuis 1985, et dans lequel il analyse les derniers bouleversements sociaux pour essayer d’anticiper le futur des Français.

Et selon ce chercheur, notre vie quotidienne risque fort, dans les années à venir, d’être complètement bouleversée par les enjeux environnementaux. "C’est probablement le défi le plus important, parce que derrière lui, il y a tous les autres", déclare-t-il au micro de Bernard Poirette, sur Europe 1.

La prise de conscience. Pour Gérard Mermet, 2018 a été une année marquée de ce point de vue par le début de l’action citoyenne et individuelle en matière d’écologie. "Pendant des années, et tardivement par rapport à d’autres pays de l’Europe du Nord, les Français se sont dits qu’il n’y avait pas d’urgence, et que ce n’était pas à eux de faire mais à l’Etat", explique le sociologue. "Là, la prise de conscience est terminée et massive, en dehors de quelques irréductibles qui écoutent plutôt monsieur Trump que monsieur Hulot."

"Les gens achètent bio, trient leur déchet, éteignent leur lumière, essayent de prendre des douches plutôt que de bains", constate-t-il.

" La France est une société qui n’avance pas bien, c’est une non-société ou en tout cas une société du non "

La France, une puissance qui recule. Si Emmanuel Macron a voulu faire de la France le chef de file des pays industriellement développés en matière de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique, il est fort probable toutefois que, dans les années à venir, le pays ne puisse plus occuper le devant de la scène économique. "Toutes les projections que l’on peut faire montrent qu’il y a des géants qui sont en train de se développer. On pense à la Chine, mais aussi à l’Inde ou au Brésil [….]", pointe Gérard Mermet.

"La France continue sur un rythme lent, c’est une société qui n’avance pas bien, c’est une non-société ou en tout cas une société du non. Il faudra que l’on arrive à dire oui à des choses et à le faire de façon commune, avec un enthousiasme qui a disparu depuis longtemps", poursuit-il.

Construire son futur. En effet, pour ce chercheur, la France ne pourra relever les défis de l’avenir qu’en les abordant avec sérénité et optimisme. "Nous avons un devoir d’optimisme. Si nous ne sommes pas optimistes, nous aurons eu raison d’être pessimistes parce que nous ne ferons rien", avance-t-il. "Ce futur, que j’essaye d’esquisser en prenant le scénario le plus probable à mes yeux, est plus ou moins désirable selon les individus mais, surtout, selon ce que l’on en fera", conclut Gérard Mermet.