Macron et l’immigration, "c’est toujours la même ficelle : l’illusion des mots et la déception des actes", dénonce Brice Hortefeux

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
L’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Immigration a dit, vendredi sur Europe 1, tout le mal qu’il pense du plan immigration présenté mercredi par Edouard Philippe. Car pour l’eurodéputé LR, la question de la baisse de l’immigration reste sans réponse.
INTERVIEW

Il ne se trouve personne, à droite, pour défendre le plan immigration présenté mercredi par Edouard Philippe, et pourtant qualifié par beaucoup comme très droitier. Brice Hortefeux, comme ses camarades des Républicains, s’est joint vendredi sur Europe 1 au concert des critiques, alors même qu’il avait en son temps instauré, comme le gouvernement actuel, des quotas pour l’immigration professionnelle. "Le problème avec Emmanuel Macron, avec le Premier ministre, avec sa majorité, c’est que c’est toujours la même ficelle : il y a d'un côté l’illusion des mots dont ils se gargarisent et de l'autre la déception des actes qui ne suivent pas", a dénoncé l’ancien ministre de l’intérieur.  

"Simplement la mise à jour d'une liste de métiers"

Brice Hortefeux a développé son propos. "C'est une illusion parce que c’est présenté comme une réforme ébouriffante d’audace, alors que les quotas d’immigration existent depuis 2006, et que ça a été réactualisé en 2011. Donc cette audace aboutit simplement à la mise à jour d’une liste de métier", a affirmé l'eurodéputé. "En outre, l’immigration économique ne correspond qu’à 10 % de l’immigration légale. C'est 33.502 titres délivrés pour des motifs économiques en 2018, alors que la réalité de l’immigration dans notre pays, c’est 400.000". 

"Deuxièmement, il n y a pas d’actes qui suivent", a poursuivi l’ancien ministre de l'Intérieur. "Est-ce que le gouvernement répond à cette question simple : veut-on, oui ou non, faire baisser l’immigration dans notre pays ? Il n’y a pas de réponse à cette question", a-t-il asséné. "Malheureusement, nous aboutissons à une situation qui fait qu’à ce rythme, le bilan migratoire du quinquennat Macron, ce sera deux millions d’arrivées de migrants supplémentaires, c'est-à-dire l'équivalent de la ville de Paris". Et de préciser ce chiffre : "Quand vous faites le total des titres de séjour, des demandeurs d’asile, des mineurs isolés et un certain nombre de choses, ça fait 400.000 par an. Donc au total ça fait 2 millions."

Europe 1
Par Rémi Duchemin