Lutte contre l’islamisme : "On peut avoir des lois d’exception dans un Etat de droit", juge Marine Le Pen

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marine le pen 3:25
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La présidente du Rassemblement national a confirmé mercredi sur Europe 1 qu’elle serait bien présente à l’hommage national organisé en l’honneur de Samuel Paty, dans la soirée, à la Sorbonne. Mais cela ne l'empêche pas de juger l'action du gouvernement trop laxiste en matière de lutte contre l'islamisme et de plaider pour des lois d'exception. 
INTERVIEW

La France rend mercredi soir à La Sorbonne un dernier hommage à Samuel Paty, ce professeur d’histoire assassiné vendredi dans les Yvelines pour avoir donné un cours sur la liberté d’expression. De nombreux ministres et de personnalités politiques seront présentes dans la cour de la prestigieuse université parisienne lors de cette cérémonie présidée par Emmanuel Macron. Parmi eux figurera Marine Le Pen, qui a reçu son invitation mercredi matin. Ce qui ne l'a pas empêché, quelques minutes plus tard sur Europe 1, de critiquer le laxisme du gouvernement en matière de lutte contre l'islamisme. "Pour gérer cette problématique, il faut des magistrats spécialisés, mais aussi des lois spécifiques. On peut parfaitement avoir des lois d’exception dans un Etat de droit", a jugé la présidente du Rassemblement national. 

"La peine d'indignité nationale a existé, il suffit de la recréer"

"Il faut des lois d’exception, il faut des juridictions d’exception", a martelé Marine Le Pen. "D’ailleurs, nous y sommes : l'état d’urgence sanitaire est une loi d’exception et pourtant nous sommes dans un Etat de droit. Nous sommes dans un système institutionnel dans laquelle la puissance publique est soumise au droit, fondé sur le principe des normes juridiques, chacun étant soumis au même droit, que ce soit un individu ou la puissance publique."

Marine Le Pen ne craint pas, dès lors, d'avancer des propositions qui pourraient pourtant être retoquées par le Conseil constitutionnel. La présidente du RN souhaite ainsi rétablir la peine d'indignité nationale. "Elle a existé, il suffit de la recréer", a avancé la présidente du Rassemblement national. "Elle permet de condamner à une peine de dégradation nationale, qui entraine toute une série de conséquence : interdiction de diriger une association, interdiction de voter, interdiction de diriger une entreprise. On met sous tutelle les gens dont on considère, s’ils sont Français, qu’ils encourent l’indignité nationale."

"Il faut sévir" avec les pays d'origine

Mais ce n'est pas la priorité, selon elle. "Avant de faire tout ça, il faut aussi expulser les binationaux qu’on aura déchu de leur nationalité pour islamisme, et puis évidemment, en premier lieu, expulser les étrangers fichés S", a affirmé Marine Le Pen. Et pour se faire, il faut, selon Marine Le Pen, frapper les pays d'origine au portefeuille. "Il faut serrer la vis. On ne peut plus aujourd’hui faire preuve de faiblesse à l’égard de pays qui ne respectent pas le droit international."

La présidente du RN a ensuite cité l'exemple algérien et fait mine de s'adresser aux autorités du pays du Maghreb. "Si vous ne les récupérez pas, je vais dénoncer la Convention qui nous lie et qui fait que l’immigration des Algériens vers la France est probablement la plus facilitée de tous les pays du monde", a-t-elle lancé. "Ils ne peuvent pas avoir que des avantages et n’avoir aucun inconvénient. Oui, je crois qu’il est temps de sévir".