Loi "anti-casseurs" : pour Bruno Retailleau (LR), "ce texte ne va ressembler à rien"

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Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a critiqué la loi "anti-casseurs", qui est actuellement examinée à l’Assemblée nationale.
INTERVIEW

Bruno Retailleau ne décolère pas. Le président du groupe LR au Sénat a estimé que la loi "anti-casseurs", qui est examinée mardi par l’Assemblée nationale, "ne va ressembler à rien". "Ce texte ne va ressembler à rien. Des manifestants, quand ils battent le pavé, sont menacés. Ils ont droit de manifester paisiblement", a déclaré le sénateur, interrogé mardi soir par Sonia Mabrouk sur Europe 1.

Bruno Retailleau est à l’origine de cette proposition de loi "anti-casseurs", reprise par le gouvernement début janvier après des violences en marge des manifestations des "gilets jaunes". Mais les députés de la majorité ont remanié le texte, déposant plus de 200 amendements notamment en raison d’inquiétudes pour les libertés publiques. Les sénateurs LREM avaient déjà voté contre son adoption en octobre dernier.

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"Je veux casser les casseurs". "Ce que j’essaye de faire, c’est de pouvoir condamner et empêcher ces gens qui profitent du droit de manifester pour piller ou casser du flic. Demandez aux Parisiens, ils restent cloîtrés chez eux tous les samedis depuis des semaines parce qu’on n’est pas assez fermes", s’est justifié Bruno Retailleau.

"J’entends le cœur des pleureuses, mais ça fait des décennies qu’on entend les mêmes. La société n’a pas le droit de se protéger contre les plus dangereux délinquants. Alors moi, je veux casser les casseurs", a tonné le sénateur.

"Si la personne vient dissimulée, ce n’est pas parce qu’elle a froid". Bruno Retailleau a également milité pour une définition stricte d’un délit de dissimulation du visage lors des manifestations. "Dans notre droit pénal, vous devez vous assurer qu’il y a un lien entre l’identité de la personne et l’acte commis. Mais quand vous vous dissimulez, quand vous portez une cagoule, vous n’arrivez plus à avoir ce lien. Il y a eu plusieurs milliers d’interpellations pour seulement une centaine de mandats de dépôt. Il y a un vrai problème. Si la personne vient dissimulée, ce n’est pas parce qu’elle a froid", a poursuivi Bruno Retailleau.

Ce délit de dissimulation volontaire du visage a été redéfini par les députés. Les parlementaires ont précisé que le port d’un casque ou d’une cagoule ne suffira pas pour entraîner une condamnation, mais qu’il faudra démontrer l’intention du manifestant de participer à des troubles. Cette loi "anti-casseurs" est étudiée jusqu’à mercredi par l’Assemblée, avant un vote solennel le 5 février.