Les agriculteurs poursuivent, ce mardi 23 janvier, leurs actions pour obtenir des "mesures concrètes", après des discussions toujours dans l'impasse avec le gouvernement de Gabriel Attal . Si le Premier ministre a reçu la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) et le syndicat Jeunes agriculteurs lundi soir à Matignon pour tenter d'apaiser la grogne , cette réunion n'a pas convaincu les concernés qui continueront leurs actions tant que des "décisions concrètes" ne seront pas prises par l'exécutif, a déclaré le président de la FNSEA Arnaud Rousseau.
Une crise "bénéfique au Rassemblement national"
D'après Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion Harris Interactive, cette colère présente un risque pour le gouvernement et pourrait déclencher une fièvre électorale, à cinq mois des élections européennes. "Cela sera bénéfique notamment pour le Rassemblement national", indique-t-il.
"Les Français ont souvent l'impression que, au niveau européen, d'un point de vue alimentaire, les actions sont plutôt négatives que positives. Avec l'idée générale qu'on est face à des agriculteurs qui ne gagnent pas beaucoup d'argent et qui ne comptent pas leurs heures et qui ne prennent quasiment pas de vacances et qui ont une véritable mission, [celle] de nourrir la société française", poursuit Jean-Daniel Lévy.
Des manifestations d'agriculteurs dans plusieurs pays européens
Parmi leurs revendications : des simplifications administratives, pas de nouvelle interdiction des pesticides , l'arrêt de l'augmentation du prix du GNR, une indemnisation plus rapide après des calamités, ou encore la pleine application de la loi censée obliger les industriels et les grandes surfaces à mieux payer les agriculteurs.
Les agriculteurs français ne sont pas les seuls à faire entendre leur voix ces derniers jours. Les Pays-Bas, la Roumanie, la Pologne ou l'Allemagne connaissent aussi des manifestations de paysans qui dénoncent des hausses de taxes ainsi que le "Pacte vert" européen, une série de propositions visant à rendre l'Europe climatiquement neutre en 2050. Les ministres européens du secteur agricole doivent se réunir ce mardi à Bruxelles.