Jack Lang à propos d'une tribune pour décriminaliser la pédophilie : "C'était une connerie"

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Jack Lang a été interrogé au sujet de son rapport avec l'écrivain Gabriel Matzneff. 6:24
Jack Lang a été interrogé au sujet de son rapport avec l'écrivain Gabriel Matzneff. © Europe 1
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 "Il n'y a pas de mots pour définir l'inceste", explique le président de l'institut du monde arabe, Jack Lang, au micro d'Europe 1. Interrogé sur sa signature d'une tribune visant à décriminaliser la pédophilie, en 1977, il dit regretter son geste : "C'était une connerie".
INTERVIEW

"Il n'y a pas de mots pour définir l'inceste et la pédophilie", explique Jack Lang, au micro d'Europe 1, lundi. Le président de l'institut du monde arabe a été interrogé sur sa signature d'une tribune, en 1977, pour décriminaliser les rapports sexuels avec les mineurs. "C'était une connerie, c'était après 1968 et nous étions portés par un vent libertaire. Cette tribune était inacceptable". Il ajoute : "Il faut en finir avec l'omerta qui pèse sur l'inceste et qui concerne énormément de familles".

"Une série d'intellectuels"

En janvier 1977, une tribune est publiée dans Le Monde puis dans Libération. Elle avait été rédigée alors que s’ouvrait devant la cour d’assises des Yvelines le procès de trois hommes jugés pour "attentats à la pudeur sans violence sur mineurs de moins de 15 ans" pour avoir filmé et photographié des victimes âgées de 12 ou 13 ans, lors de jeux sexuels.

"On était très nombreux à l’époque à signer cette tribune : il y avait Daniel Cohn-Bendit, Michel Foucault, une série d’intellectuels", se justifie Jack Lang. "Nous n’étions pas seuls à penser cela. Je pense notamment à Catherine Dolto, qui professait ce genre d’appréciations. Mais ce n'est plus mon sentiment aujourd'hui."

"J'ai fait une connerie"

Dans la tribune, on peut notamment lire que "la loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de 12 ou 13 ans, qu’elle peut juger et condamner alors qu’elle lui refuse cette capacité quand il s’agit de sa vie affective et sexuelle".

Interrogé sur ce passage par Sonia Mabrouk, Jack Lang s'emporte : "il y a cinquante ans, on a écrit une connerie. Que dois-je faire ? M’immoler devant vous ? J’ai fait une connerie, et basta, voilà. Depuis, j’ai combattu ce genre de bêtises, l'inceste, la pédophilie et les violences sexuelles".

Interrogé quant à ses relations avec Jeffrey Epstein, homme d'affaires et criminel sexuel américain, Jack Lang se justifie : "Epstein, ça n’a rien à voir. Quelqu’un peut être un instant un homme charmant, avant que l'on découvre découvre trois ans après qu’il est un salaud. On ne va pas pénaliser des gens qui ont été aimables avec des personnes qu’ils trouvaient charmantes, avant de découvrir que c’était des ordures."

Pour Jack Lang, il est essentiel de "lutter contre l'inceste et la pédophilie", mais également "d'en finir avec l'anonymat, qui permet à des salauds de propager des insultes à l'égard de toutes sortes de personnes sur les réseaux sociaux."

Europe 1
Par Océane Herrero