"Mon objectif, c'est de sortir tous les gens qui n'ont rien à faire là" : Emmanuel Macron esquisse sa feuille de route sur l'immigration

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Aurélie Herbemont, édité par Cédric Chasseur , modifié à
Le Président de la République est en une jeudi de l'hebdomadaire conservateur "Valeurs Actuelles". Dans un long entretien, Emmanuel Macron s'explique sur l'immigration, et dévoile la feuille de route qu'il souhaite suivre sur ce sujet. 
REPORTAGE

Après le débat sur l'immigration organisé au Parlement au début du mois, Emmanuel Macron esquisse les mesures qu'il souhaite prendre dans un long article de douze pages au magazine Valeurs Actuelles. L'entretien, accordé par le chef de l'Etat dans l'avion retour de sa visite à la Réunion, avant l'attaque de la Mosquée de Bayonne, montre un président déterminé sur ce sujet brûlant. 

Une politique musclée de reconduite à la frontière

D'entrée, Emmanuel Macron se montre martial : "mon objectif, c'est de sortir tous les gens qui n'ont rien à faire là", lâche-t-il. Le chef de l'Etat veut muscler sa politique de reconduite à la frontière. Poussé à fournir un objectif chiffré, il met en garde contre le risque de voir les pays d'origine refuser le visa consulaire nécessaire au retour. Emmanuel Macron entend donc dire à ces pays que sans laisser-passer, la France ne délivrera "plus de visa".

Emmanuel Macron évoque aussi l'Aide médicale d'Etat, un sujet qu'il veut "régler vite". Ils visent "les gens qui viennent avec un visa touristique, qui restent trois mois et se mettent à l'AME", des cas "indéfendables" selon le Président de la République, qui se défend "d'avoir le discours du Rassemblement National". Mais surtout, le chef de l'Etat veut modifier la PUMA, la prestation universelle maladie, à laquelle tout demandeur d'asile à droit sitôt son dossier déposé. Emmanuel Macron souhaite "un délai de carence" avant qu'ils ne puissent toucher cette aide. Enfin le Président de la République réaffirme son attachement au droit d'asile, dont il veut "casser les filières de contournement". 

C'est au Premier ministre, Edouard Philippe, qu'il reviendra de formaliser ces mesures. Elles devraient être annoncées dans une dizaine de jours.