Grève des correcteurs du bac : "L'expression 'prise d’otages', nous la récusons complètement"

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Dimanche soir, le chef de l'Etat a estimé que les enseignants correcteurs du bac qui font de la rétention de copies "prennent en otage" les candidats et leurs familles.
INTERVIEW

Le chef de l’Etat a apporté son soutien à son ministre de l’Éducation. "On ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage", a déclaré Emmanuel Macron dimanche sur France info, alors que les correcteurs du bac, en grève, n'ont toujours pas rendu quelque 10.000 copies.

La rétention, toutefois, semble toucher à sa fin, les jurys s’étant appuyés sur le contrôle continu pour pouvoir délivrer des notes aux candidats vendredi. "Nous allons rendre les copies ce matin [lundi, ndlr], les dernières qui nous restent", explique ainsi à Europe 1 Vincent, enseignant au Blanc-Mesnil, et membre du collectif "Bloquons Blanquer. "On voulait voir l’annonce des résultats sans les copies. Nous avons assisté à une mascarade avec un putsch administratif, et des notes données à la louche en fonction des moyennes", dénonce-t-il.

Cet enseignant gréviste s’offusque tout particulièrement des propos utilisés par le président de la République. "L'expression 'prise d’otage', nous la récusons complètement. Nous avions des copies corrigées, nous avions fait notre travail. Ça nous inquiète de voir que nos interlocuteurs nous considèrent comme des preneurs d'otages, voire comme des ennemis, ce qui n’est absolument pas le cas", déplore-t-il. "Nous sommes des enseignants, nous voulons toujours travailler avec notre ministre afin de véritablement mettre en place une reforme qui irait, cette fois, dans le sens des élèves."

Une formule "hors de propos"

Vendredi matin, sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est également indigné des propos utilisés par Emmanuel Macron à l'encontre des correcteurs en grève. "Ça veut dire quoi 'prendre en otage' ? Que les enseignants sont des terroristes ?", a-t-il interrogé au micro de Pierre de Vilno.

"Comment peut-on, alors que l’on a la responsabilité de l’Etat et que l’on sait ce que c’est qu’un otage et un preneur d’otage, comment peut-on les accuser, aujourd’hui, d’être des terroristes ? Ça me parait hors de propos", a estimé le député de Seine-et-Marne, pour qui la formule d’Emmanuel Macron montre "qu’il a visiblement du mal avec les services publics et ceux qui servent l’Etat."

De leur côté, certains enseignants grévistes espèrent maintenir la pression sur le gouvernement, et ont annoncé leur intention de surnoter les candidats à l'occasion des oraux de rattrapage, qui commencent lundi matin.