Entre franchise et désaccords, Emmanuel Macron s'est expliqué avec les maires ruraux

, modifié à
  • A
  • A
2:34
© GUILLAUME SOUVANT / POOL / AFP
Partagez sur :
Le chef de l'État s'est entretenu avec une trentaine d'élus locaux, sans toutefois faire d'annonces concrètes. 

Manque de médecin, de maternités, de réseau, de trains, d'emplois aidés… Dans le beau village de Gargilesse-Dampierre, dans l'Indre, Emmanuel Macron a de nouveau écouté jeudi les maires lui exposer les handicaps du monde rural avant de défendre sa politique, mais sans faire d'annonces concrètes. Pour sa 7ème étape du "grand débat", le chef de l'État n'avait pas choisi ce bourg de 300 habitants par hasard. Son maire, Vanik Berbérian, est le président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF), qui fédère quelque 10.000 édiles de tous bords politiques. Une façon d'adresser un message d'apaisement aux élus locaux, remis à l'honneur par le "grand débat". 

Aucun "gilet jaune" n'était visible dans le village, dont les accès étaient strictement contrôlés par la gendarmerie. Visibles en début de matinée, des tags "Macron démission, Macron dehors" ou encore "RIC" ont été effacés par des employés avant l'arrivée du président de la République.

En petit comité avec une trentaine de maires. Loin des échanges marathon de ces dernières semaines, c'est en petit comité qu'Emmanuel Macron a ensuite écouté une trentaine de maires de l'Indre énumérer leur doléances. Parmi eux, figurait André Laignel, maire socialiste d'Issoudun et vice-président de l'Association des maires de France (AMF), qui l'a accusé de les avoir trop longtemps dédaignés.

"C'est très bien que vous nous rencontriez mais nous voulons passer aux actes", l'a défié cet élu socialiste. "La dotation globale aux communes a été stable en 2019 mais 19.500 communes verront baisser leur dotation", a affirmé André Laignel. "Quant on dit la moitié de la vérité, on ne dit pas toute la vérité", a rétorqué le chef de l'État en récusant ces chiffres.

Pas de réouverture de la maternité du Blanc. Sur le fond, le président a réaffirmé que la loi NOTRe de 2015, portant notamment sur le regroupement de communes, serait révisée mais a défendu la politique de son gouvernement sur la fiscalité ou la répartition des équipements médicaux.

Le chef de l'État a ainsi douché les espoirs d'une réouverture de la maternité du Blanc, dans le sud-ouest de l'Indre, dont la fermeture, actée en 2018, suscite une forte mobilisation locale depuis sept ans. "Ce ne serait pas responsable de ma part de vous dire qu'elle va rouvrir", a-t-il déclaré. Une quarantaine de personnes s'opposant à cette fermeture se sont rassemblées aux côtés d'une quarantaine de "gilets jaunes", à Déols, où Emmanuel Macron était attendu pour échanger avec des entrepreneurs dans l'après-midi.