Glyphosate : "En France, il n'y a pas de pressions de lobbyistes de Monsanto", assure Didier Guillaume

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Invité d'Audrey Crespo-Mara jeudi, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume défend l'indépendance du gouvernement face aux lobbyistes de Monsanto et Bayer.
INTERVIEW

C'est ce jeudi que l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques présente au Sénat un rapport qui tend à minimiser le risque cancérogène lié au glyphosate. Les parlementaires auteurs de ce rapport avancent que "le glyphosate n'est pas plus dangereux que la charcuterie ou la viande rouge", un argument souvent repris par les alliés de Monsanto.

Mais pour Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, c'est certain : "Il n'y a pas de pressions de lobbyistes de Monsanto en France." "Je ne vois pas à qui ils mettraient des pressions. Nous décidons d'interdire le glyphosate, nous ne demandons pas l'avis à Monsieur Monsanto, Monsieur Bayer", a-t-il rétorqué jeudi au micro d'Audrey Crespo-Mara, sur Europe 1. 

"Oui, c'est un produit dangereux"

S'il observe que "les agences indépendantes de santé ne sont pas toutes en ligne sur la dangerosité du glyphosate pour l'homme", Didier Guillaume considère que le produit phytosanitaire est "dangereux". "C'est pour ça que le président a annoncé qu'il fallait sortir de la dépendance au glyphosate en 2021", soutient-il, rappelant le "principe de précaution" et la responsabilité du gouvernement à garantir la "sécurité et la santé" des Français. Toutefois, le ministre convient qu'il est "impossible" d'arrêter du jour au lendemain l'utilisation du glyphosate. "Si demain on dit c'est interdit, on met dans l'impasse toute une partie de l'agriculture française, qui n'a pas encore d'alternative, et nous perdrions notre indépendance alimentaire. Certes, il faut faire cette transition rapidement, mais il faut permettre à l'agriculture de muter", argumente-t-il.

Fiché par Monsanto dans la catégorie "détracteur" du glyphosate

La semaine dernière, on apprenait que Monsanto (groupe Bayer) avait établi le fichage de centaines de personnes, dont des élus, concernant leur position sur le glyphosate. Dans ce tableau, Didier Guillaume est classé dans la catégorie des détracteurs. "C'est une médaille que j'affiche à ma veste, je suis assez content d'être détracteur de ce produit", ironise-t-il sur notre antenne. Mais cette affaire est "scandaleuse", estime le ministre, qui attend désormais que "la justice fasse son œuvre". 

>> De 7h à 9h, c'est deux heures d'info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

 

 

 

Europe 1
Par Anaïs Huet