Le glyphosate "moins cancérogène que la charcuterie", selon un nouveau rapport parlementaire

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© PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques s'apprête à présenter un rapport devant le Sénat qui tend à minimiser le risque cancérogène lié au glyphosate, en utilisant un argument souvent repris par les alliés de Monsanto.

Jeudi seront présentés au Sénat les résultats de l'enquête menée par l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sur le glyphosate. Dans ce rapport, un groupe de sénateurs affirme que le glyphosate "est moins cancérogène que la charcuterie ou la viande rouge".

Une molécule "qui n'est pas cancérogène"

Cet argument est régulièrement utilisé par les pro-glyphosate. "Ça peut être potentiellement cancérigène, au même titre que la charcuterie ou le café", avait affirmé Jean Bizet, sénateur de la Manche sur Public Sénat en 2017. Deux ans plus tard, le sénateur UDI de Haute-Garonne Pierre Médevielle, co-rapporteur de l'étude parlementaire, prononce sensiblement la même phrase.

"Je serai parmi les premiers à réclamer son interdiction dès que les preuves scientifiques de sa nocivité seront apportées. Or, à la question : 'Le glyphosate est-il cancérogène', la réponse est non ! Il est moins cancérogène que la charcuterie ou la viande rouge qui ne sont pas interdites", explique-t-il auprès de nos confrères de La Dépêche. Et d'ajouter : "Je ne vois aucune raison pour laquelle nous prendrions notre part de l'hystérie collective suscitée par une molécule dont on affirme qu'elle est cancérogène alors qu'en réalité, elle ne l'est pas."

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Un élément de langage habituel

Pour l'eurodéputé écologiste José Bové, il s'agit là, sans aucun doute, d'éléments de langage savamment employés. "Cet argument est récurent chez Monsanto et chez ceux qui défendent le glyphosate. Ce rapport est une nouvelle compilation d'un certain nombre d'études triées sur le volet pour justifier le discours de Monsanto", balaie-t-il au micro d'Europe 1.

L'Anses, l'agence nationale de sécurité sanitaire et de l'alimentation, de l'environnement et du travail, a annoncé de son côté le lancement d'une étude indépendante pour trancher cette question.

Europe 1
Par Marion Jort, édité par Anaïs Huet