"Gilets jaunes" et "peste brune" : critiqué par l'opposition, Gérald Darmanin maintient ses propos

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Gérald Darmanin a dénoncé la "peste brune".
Gérald Darmanin a dénoncé la "peste brune". © ERIC FEFERBERG / AFP
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Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a provoqué la polémique dimanche, en expliquant que c'était "la peste brune" qui avait manifesté samedi sur les Champs-Elysées. 

Les propos de Gérald Darmanin ne passent pas, mais ce dernier persiste et signe. Invité dimanche du Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro, le ministre de l'Action et des Comptes publics avait estimé que lors du rassemblement parisien des "gilets jaunes" sur les Champs-Elysées, "ce ne sont pas les 'gilets jaunes' qui ont manifesté, c'est la peste brune", s'attirant les foudres de l'opposition. 

"Ce n'est pas parce que vous mettez un 'gilet jaune' que vous ne portez pas une chemise brune en dessous", avait ajouté l'ancien maire de Tourcoing, au lendemain de la manifestation, émaillée de heurts, qui avait rassemblé 8.000 personnes sur "la plus belle avenue du monde". Selon les informations d'Europe 1, 200 militants d'ultra-droite y ont participé aux débordements.  

Pour Marine Le Pen, Darmanin compare les "gilets jaunes" à des "nazis". Déjà mise en cause samedi par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, la présidente du RN Marine Le Pen a répliqué lundi sur BFM-TV. "Des Français qui brandissent le drapeau français et chantent la Marseillaise, ce seraient des 'séditieux' ? Pour Gérald Darmanin, les 'gilets jaunes' sont la 'peste brune' donc des nazis", s'est-t-elle exclamée, avant de condamner "évidemment les violences". 

"Toujours plus d'excès dans l'injure. Ce gouvernement est prêt aux pires outrances pour tenter d'étouffer la colère légitime des Français", a de son côté twitté l'eurodéputé RN Nicolas Bay. 

La gauche condamne également les propos du ministre. Les propos de Gérald Darmanin ont également provoqué de vives réactions à gauche, l'ancien président de la République François Hollande estimant sur France Inter que ce mot là (peste brune) "déconsidère même celui qui l'emploie (...) pas ceux qu'il vise". Même condamnation du côté de la France Insoumise. "Il ne faut pas faire croire que des milices fascistes ont déferlé sur Paris. C'est bien plus compliqué que cela. Et cela évite de parler du fond. Les 'gilets jaunes' n'égalent pas quelques abrutis d'extrême-droite très minoritaires" a estimé le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière au micro de Franceinfo.

Mais ces réactions n'ont pas fait reculer le ministre, qui a assumé ses propos sur Twitter. "Quand certains s'attaquent physiquement à nos concitoyens, à des journalistes, à des policiers et gendarmes, à des parlementaires, ce sont des méthodes d'extrémistes qu'il faut condamner et pas excuser", a écrit l'ancien LR, répondant à un article du Figaro sur la polémique. "Ils n'ont rien à voir avec les honnêtes gens qui manifestent. Le nier, c'est blesser la République". 

Dès samedi, Christophe Castaner avait évoqué la "mobilisation de l'ultra-droite". Gouvernement et opposition s'étaient déjà affrontés samedi sur la composition de la manifestation parisienne, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ayant dénoncé dès la mi-journée une "mobilisation de l'ultra-droite" et indiquant que les forces de l'ordre avaient du repousser les "séditieux". Droite et gauche l'avaient alors accusé de vouloir décrédibiliser le mouvement de protestation contre la hausse des prix du carburant. "Castaner voudrait que la manifestation des 'gilets jaunes' soit d'extrême droite et peu nombreuse. La vérité est que c'est la manifestation massive du peuple", avait cinglé Jean-Luc Mélenchon, tandis que le nouveau patron du PCF Fabien Roussel accusait le ministre de jouer "le pourrissement". 

Du côté de LR, la porte-parole Lydia Guirous avait dénoncé le "mépris" et le "cynisme" de l'ancien délégué général de LREM, voulant "amalgamer la détresse (...) des Français qui ne s'en sortent plus et les excès de militants violents".