Tensions au Venezuela, Mercosur, immigration et duel avec Christian Estrosi... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Éric Ciotti dans «La France en Face»
Le fondateur et président de l'Union des droites pour la République, Éric Ciotti, était l'invité de "La France en Face", ce mardi soir sur Europe 1 et CNews de 21h à 22h. Face à Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, le candidat à la mairie de Nice a répondu aux questions qui font l'actualité : la situation au Venezuela, l'immigration, le budget et son duel municipal qui l'oppose à Christian Estrosi.
Éric Ciotti, fondateur de l'Union des droites pour la République (UDR) a fait face à Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, ce mardi 6 janvier. Le candidat à l'élection municipale à Nice s'est exprimé sur toutes les questions d'actualité dans le nouveau rendez-vous La France en Face, de 21 heures à 22 heures sur Europe 1 et CNews. Le député des Alpes-Maritimes était notamment interrogé sur l'actualité internationale avec notamment la capture de Nicolas Maduro au Venezuela, mais également les thématiques régaliennes et les prochaines échéances électorales à venir.
- L'élu a appelé à "couper le robinet de l'immigration" pour garantir la sécurité des Français.
- Le député des Alpes-Maritimes souhaite que la France "dissuade" Donald Trump d'attaquer le Groenland.
- Éric Ciotti a vivement dénoncé la signature de l'accord entre l'UE et le Mercosur, "une provocation contre nos agriculteurs".
- Le président du groupe UDR a assumé de ne pas vouloir voter le texte de loi sur le budget.
- Éric Ciotti a appelé à la "fermeté" face aux tensions diplomatiques entre Paris et Alger.
- "Il faut balayer une classe politique qui a failli", selon l'élu, qui a largement critiqué les anciens élus des Républicains qui ont rejoint la majorité macroniste.
Éric Ciotti rend hommage à Brigitte Bardot, "un monument qui fait partie de notre histoire"
Éric Ciotti, qui avait demandé un hommage national à Brigitte Bardot, a élevé la voix contre les critiques qu'ils jugent "indignes" envers l'actrice et activité française.
"Dans tout deuil, il faut une période de recul, de respect. Elle n'a pas eu droit à cette dignité qu'on attend de responsables publics. J'ai vu des mots outranciers à l'extrême gauche. Tout ça abîme la France parce que Brigitte Bardot, c'est une immense figure, c'est un monument français, elle fait partie de notre histoire. Cette France qu'on aime, cette belle France, cette France lumineuse, faisait rêver le monde. Est-ce que la France fait rêver aujourd'hui avec Mathilde Panot à l'Assemblée nationale, on peut en douter", a-t-il conclu.
Sur son duel contre Christian Estrosi à la mairie de Nice
En préparation de sa campagne pour les élections municipales à Nice (Alpes-Maritimes) qui l'oppose à Christian Estrosi, Éric Ciotti a revendiqué une équipe large et diversifiée.
"Quand j'ai autour de moi le président de l'OGC Nice Jean-Pierre Rivère, il n'est pas de ma force politique, c'est un chef d'entreprise qui aime sa ville, j'annoncerai un haut-fonctionnaire qui sera adjoint aux finances et qui sera chargé de baisser les impôts, une ancienne préfète qui gérera la sécurité parce que c'est le premier problème, ce sera une liste de compétences et de changements", a-t-il énuméré.
Il s'est montré très critique envers l'actuel maire de Nice, qui est élu depuis près de 50 ans au conseil municipal de Nice.
"Je sais que Christian Estrosi a tourné le dos à François Fillon pour inviter les Niçois à voter Emmanuel Macron. Maintenant que ce dernier est au fond du trou, il fait semblant de s'éloigner. Il faut être droit, garder sa feuille de route, je n'ai jamais dévié d'un iota de mes valeurs", a-t-il ajouté.
"Il faut balayer une classe politique qui a failli"
Le candidat à la mairie de Nice aux prochaines élections municipales a estimé qu'il fallait "balayer une classe politique qui a failli", critiquant les anciens élus des Républicains qui ont rejoint la majorité présidentielle.
"Tous les macronistes, de Gabriel Attal, de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe, ils sont tous aujourd'hui complices de ce bilan. Au lieu de m'avoir suivi dans l'union des droites l'année dernière, nous n'aurions pas perdu 18 mois et nous aurions engagé le redressement du pays".
"Je veux dire ma confiance et mon amitié à Marine Le Pen"
Éric Ciotti, dont le groupe UDR est allié au Rassemblement national, a témoigné de sa "confiance" et de son "amitié" à Marine Le Pen, dont le procès en appel dans le cadre du procès des assistants parlementaires RN aura bientôt lieu.
"C'est une épreuve qu'elle subit et qu'elle affronte avec le courage qui est le sien. C'est une femme qui se bat et je la vois combative face à cette épreuve".
Invité à répondre sur les possibles tensions entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, il a soutenu qu'il sentait "une solidarité extrêmement forte entre les deux".
"J'ai tellement vécu à LR cette guerre où dès que quelqu'un avait du talent, on voulait lui couper la tête pour rester à vie au pouvoir. Quand il y a une femme d'État qui veut préparer l'avenir, c'est un signe de responsabilité. Je vois beaucoup de force, d'intelligence et de courage en Jordan Bardella", a-t-il souligné.
Éric Ciotti souhaite "250 milliards d'euros d'économies" sur les dépenses publiques
Le président de l'Union des droites pour la République a vivement critiqué les mesures du gouvernement d'Emmanuel Macron sur le pouvoir d'achat des Français. Il a notamment pris la défense des retraités, qui seront fragilisés, selon lui, par les restrictions sur le cumul emploi-retraite.
"Nous avons un grand plan global d'économies de 250 milliards d'euros de dépenses publiques sur 10 ans qui permettrait d'augmenter les salaires. Nous avons les salaires les plus bas de l'Europe tout en ayant les prélèvements sociaux les plus hauts", a-t-il défendu.
Éric Ciotti assume, il ne signera pas le texte du budget
Durant l'émission La France en face, Éric Ciotti a soutenu qu'il ne votera pas le budget tel qu'il est présenté.
"Nous sommes au bord de l'abîme. François Bayrou ne parlait que de la dette, mais il avait raison parce que c'est une hypothèque extrêmement grave qui pèse sur notre pays. C'est un budget qui continue d'augmenter les impôts, c'est un dérapage", a-t-il déclaré.
Le président du groupe UDR à l'Assemblée nationale a soutenu que le budget "rajoutait des dépenses publics et des impôts" et se dit donc "radicalement opposés aux objectifs" du texte, dénonçant une "coproduction de François Hollande et d'Olivier Faure", du Parti socialiste.
"Il ne doit pas y avoir d'idéologie" sur le service public
Le député des Alpes-Maritimes a salué la tenue de la commission d'enquête sur l'audiovisuel, revendiquant le travail de son confrère à l'UDR, Charles Alloncle.
"J'ai souhaité cette commission. Elle est présidée par le groupe UDR, que je dirige. Je n'ai rien contre le service public, mais il ne doit pas y avoir d'idéologie. Il y a eu une dérive vers la gauche voire l'extrême gauche. On voit bien que ça gêne, que ça rentre en compte avec des intérêts personnels et politiques."
Éric Ciotti souhaite rendre "le modèle social moins attractif"
Éric Ciotti a appelé à ne plus financer de chambres d'hôtel, les soins pour certains migrants. "On pourrait également parler de l'AME, c'est choquant".
Il a estimé qu'il "faut rendre notre modèle social beaucoup moins attractif. En Grande-Bretagne, le Premier ministre socialiste vient de durcir les conditions du regroupement familial. En Allemagne, il y a une rupture totale avec ce qu'avait fait Angela Merkel avec cette ouverture en 2015 qui a ouvert la voie à des millions de migrants. Il y a cette responsabilité, cette faute et nous devons rompre avec cette naïveté".
"Il faut couper le robinet de l'immigration"
Éric Ciotti a dénoncé la "naïveté" sur l'immigration illégale et assurer que l'immigration était "une source première de la violence et de la délinquance", notamment "sur certains types de délit".
"Il faut agir pour couper le robinet de l'immigration. Chaque année environ, 500.000 nouveaux étrangers arrivent sur le territoire national", a-t-il déclaré.
Éric Ciotti accuse le gouvernement macroniste d'avoir "démantelé" la police judiciaire
Éric Ciotti a accusé le gouvernement d'Emmanuel Macron d'avoir "démantelé" la police judiciaire pour "mieux la contrôler". "Pour de basses raisons et des arrières pensées politiciennes, on a dilué la police judiciaire. C'est un affaiblissement alors qu'on attend toujours le grand plan de soutien à l'investigation", a-t-il critiqué.
"Il faut une réponse pénale plus ferme", soutient-il sur l'insécurité
Éric Ciotti a appelé à une large ouverture de places de prison s'il était élu président de la République. Il a énuméré ses propositions pour garantir plus de sécurité, en France.
"D'abord, il faut une réponse pénale plus ferme et aller jusqu'à 100.000 places de prison. Quand il n'y a pas de place, il y a une forme de limitation de la peine qui ne dit pas son nom. Il faut ensuite une présence policière plus forte, avec plus de moyens", a-t-il énuméré.
Éric Ciotti assume la "force" et la "fermeté" face à l'Algérie
Éric Ciotti revendique une "fermeté" dans les relations diplomatiques avec l'Algérie. "Si l'Algérie veut une relation durable avec la France, il faut qu'Alger assume ses responsabilités. Et qu'on n'est pas l'idée d'imposer cet équilibre dans nos relations bilatérales, c'est le signe d'une faiblesse coupable".
"C'est une dictature qui joue sur la haine de la France par rapport à une caste politique qui se maintient au pouvoir contre le peuple, en jouant sur cette rente mémorielle. La seule réponse crédible, c'est la force, c'est la fermeté", a-t-il ajouté.
Livre islamique appelant à des violences contre les homosexuels, les juifs, les chrétiens et les femmes, "une abomination" pour Éric Ciotti
"C'est une abomination, c'est une forme de lâcheté", a dénoncé Éric Ciotti, réagissant à la mise en vente libre d'un livre islamique appelant à des violences contre les homosexuels, les juifs, les chrétiens et les femmes.
"Il faut réagir. On ne peut plus subir ces provocations. Notre nation a le devoir d'opposer une fermeté qui soit indestructible face à ces provocations. C'est ahurissant qu'il y ait ces livres en vente. Le gouvernement doit réagir, notamment le ministre de l'Intérieur", s'est dit scandalisé.
Éric Ciotti se dit "opposé" à l'envoi de troupes françaises au sol, en Ukraine
Après l'annonce de la signature d'une déclaration d'intention avec l'Ukraine pour déployer une force multinationale après un cessez-le-feu, Éric Ciotti a montré son opposition à la présence de soldats français en Ukraine.
"J'y suis opposé, ce n'est pas aux soldats français à assurer cette mission. Je suis très sceptique et très réservé sur cette idée."
L'accord du Mercosur est "une humiliation"
Éric Ciotti a vivement critiqué la signature de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur, fragilisant la filière agricole en France.
"C'est une humiliation. L'Europe s'est fondée sur l'axe franco-allemand. Aujourd'hui, c'est une séparation. La France macroniste et socialiste ont fait n'importe quoi", a-t-il accusé.
"Le Mercosur est une provocation pour nos agriculteurs. On est en train de perdre notre atout" agricole.
"La France doit avoir son autonomie et son indépendance", face aux dangers internationaux
Éric Ciotti a déclaré qu'il essaiera de "dissuader" Donald Trump si le président américain tente d'envahir le Groenland. Une situation qui "ne doit pas se produire".
"La situation au Groenland est différente car le Danemark fait partie de l'Otan. La France a commis une faute en réintégrant le commandement intégré de l'Otan. Le général de Gaulle nous en avait fait sortir et c'était un signe de puissance. Et ce n'est pas Emmanuel Macron qui a de la puissance", a-t-il analysé.
"Il faut un réarmement de la France. Nous avons trop été soumis et il faut retrouver cette indépendance, gage de souveraineté", a-t-il ajouté.
Éric Ciotti assure que Nicolas Maduro était un "dictateur sanguinaire"
Éric Ciotti est revenu sur la brutalité de l'action américaine au Venezuela, en assurant que le président Nicolas Maduro était un "dictateur sanguinaire". "Est-ce que le maintien de Nicolas Maduro était dans l'intérêt de la France ? Non. Ce qu'il se passe en Martinique, en Guyane et en Guadeloupe, c'est presque 20% du trafic de drogue mondial qui venait du Venezuela".
Il a également soutenu l'action de Donald Trump en disant que "la politique, ce n'est pas que des paroles, c'est aussi de l'efficacité".
"La voix de la France n'est plus audible"
Invité à réagir à la situation au Venezuela, Éric Ciotti a critiqué les déclarations d'Emmanuel Macron sur la situation au Venezuela soutenant que "la voix de la France n'est plus audible". "C'est le en même temps, on dit une parole et on la corrige le lendemain. Le pays du général de Gaulle ne compte plus", a-t-il ajouté.