Le président de la République Emmanuel Macron a nommé ce mercredi matin à la tête de la Cour des Comptes Amélie de Montchalin, ancienne ministre des Comptes publics. Une décision qui alimente les accusations de "verrouillage des institutions", à l'approche de la présidentielle de 2027.
Alors que la nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes a été confirmée ce mercredi matin au Conseil des ministres, l'opposition dénonce un "conflit d'intérêts" : Marine Le Pen avait même demandé au président de la République "d'abandonner" cette nomination à la présidence de la Cour des comptes. Pour l'opposition, cette décision "verrouille les institutions" avant la présidentielle 2027.
"Polémique totalement infondée"
Mais l'Élysée se défend face aux accusations : l'entourage du chef de l'Etat évoque une "polémique totalement infondée". Pour un autre conseiller, "le pouvoir de nomination est constitutionnel. À partir de quand le président ne serait-il plus à même de nommer ?", interroge-t-il.
L'ancienne ministre des Comptes publics devient donc la première présidente de la Cour des Comptes. Celle qui a piloté le budget 2026 sera, dans quelques mois, chargée d'évaluer la sincérité des prochaines lois de finances. En clair, elle aura pour rôle d'examiner des textes qu'elle aura elle-même préparés.
Une indépendance garantie par la collégialité
De quoi laisser perplexes les oppositions, mais Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, ne voit pas le problème : "Ça ne pose pas de conflit d'intérêt parce que la structure et l'organisation inhérente à la Cour des comptes, le fait qu'elle repose notamment sur des décisions collégiales", permet de garantir l'indépendance de l'institution.
"J'ajoute par ailleurs que ce n'est pas la première fois qu'un ministre en exercice est nommé à la Cour des comptes", a-t-elle conclu. Ce n'est qu'une nomination parmi tant d'autres à venir dans les prochaines semaines : à un an de la fin de son mandat, le président devra nommer un nouveau gouverneur de la Banque de France et un vice-président du Conseil d'État.