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Finances publiques : «Tous les signaux sont au rouge» en 2026, alerte la Cour des Comptes

[Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La Cour des comptes tire la sonnette d'alarme ce jeudi, face à la situation des finances publiques françaises. L'institution demande "des mesures fortes", alors que le prévisions du gouvernement pour réduire le déficit son jugées fragiles. 

La Cour des comptes a dressé jeudi un constat alarmant des finances publiques françaises, et jugé que les prévisions du gouvernement pour réduire le déficit public en 2026 étaient déjà fragilisées, notamment en raison des incertitudes entourant la guerre au Moyen-Orient.

A moins d'un an de l'élection présidentielle et en pleine préparation du budget 2027, la Cour des comptes a adressé un avertissement sévère concernant la situation des finances publiques françaises, et demandé des "mesures fortes". "On peut dire que tous les signaux sont au rouge", a lancé d'entrée la présidente de la première chambre de l'institution, Carine Camby, à l'occasion de la présentation du rapport à la presse.

La cible du gouvernement "loin d'être acquise"

Si 2025 a réservé une "bonne surprise" avec une réduction du déficit public un peu plus importante que prévue (5,1% du PIB, contre 5,4% escomptés), la Cour relève que "ce résultat est dû exclusivement à des hausses d'impôts et de cotisations sociales" tandis que "les économies sur les dépenses ont été une nouvelle fois repoussées".

Or les dépenses "ont augmenté plus rapidement que la richesse nationale en 2025", a détaillé Carine Camby. Et en 2026, la cible de déficit "modeste" retenue par le gouvernement, à 5% du PIB, est "loin d'être acquise", selon les auteurs.

Quelques jours avant la réunion par le gouvernement d'un comité d'alerte des finances publiques prévue début juillet, la Cour redoute une année 2026 "à risques", notamment en raison de "textes financiers en dessous des enjeux, et dont les objectifs déjà modestes sont compromis". La dégradation de la conjoncture économique, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, menace les "objectifs modestes" que le gouvernement s'était fixés.

Augmentation massive de la charge de la dette

Selon ses dernières prévisions en avril, il anticipe toujours une croissance à 0,9% en 2026, et une inflation à 1,9%, tandis que le consensus des économistes table plutôt sur une croissance à 0,6% et une inflation à 2,1%, d'après le rapport. L'objectif de croissance ne sera "vraisemblablement pas atteint", a estimé Mme Camby.

Quand bien même les prévisions du gouvernement se réalisaient, la dette publique continuerait de s'envoler pour dépasser 3.620 milliards d'euros, s'établissant à 118,5% du PIB en 2026, prévoit la Cour des comptes.

Surtout, les Sages de la rue Cambon s'inquiètent d'une "augmentation massive" de la charge de la dette, c'est-à-dire du coût de l'endettement, qui devrait croître de 12 milliards d'euros en 2026 pour atteindre 77,4 milliards d'euros. Le choc d'inflation en raison de la guerre au Moyen-Orient contribue à cette hausse à hauteur de quelque 4 milliards d'euros.