Cécile Duflot joue son va-tout à la primaire écologiste

  • Copié
M.B. et Antonin André , modifié à
Cette élection interne est la dernière chance pour l'ancienne ministre de se maintenir en politique, car elle est loin d'être assurée d'être réélue députée en 2017.

C'est la saison : les primaires fleurissent, à droite comme à gauche, mais aussi chez les écologistes. Europe Écologie-Les Verts tient depuis jeudi, et jusqu'au 28 août, ses journées d'été, pendant lesquelles il sera précisément question de la préparation cette élection interne. Le scrutin est important pour le parti, qui a tout intérêt à choisir soigneusement son ou sa candidat(e) à la présidentielle s'il ne veut pas disparaître. De fait, il semble réduit aujourd'hui à l'état de groupuscule, avec seulement 5.000 adhérents à jour de cotisation (contre 14.000 pour le MoDem ou 10.000 au Parti radical de gauche). Mais la primaire est également cruciale pour l'une des candidates, Cécile Duflot.

La plus connue, mais pas la plus appréciée. L'ancienne ministre du Logement semble, a priori, la mieux placée pour l'emporter. Face à elle, trois députés européens se sont déclarés candidats : Yannick Jadot, Michèle Rivasi et Karima Delli. Cinq simples militants s'ajoutent ensuite à la liste. Cécile Duflot est donc, de loin, la plus connue. Mais cet atout pourrait bien se retourner contre elle. Car chez les écologistes, la notoriété est souvent suspecte. Ce n'est pas Nicolas Hulot, évincé au profit d'Éva Joly pour l'élection présidentielle de 2012, qui dira le contraire. Sans compter que Cécile Duflot cumule aussi un autre handicap : les derniers irréductibles encore adhérents à EELV sont souvent les plus radicaux, intransigeants à l'égard du gouvernement et du Parti socialiste. Il sera donc difficile pour une ancienne ministre de François Hollande de les convaincre. Même si elle fait tout pour qu'on oublie son passé au sein du gouvernement, les Verts, eux, s'en souviennent.

Les législatives s'annoncent compliquées. Si Cécile Duflot joue son avenir politique sur cette primaire, c'est parce que l'actuelle députée de la sixième circonscription de Paris n'est pas assurée d'être réélue à son poste l'an prochain. Car faute d'accord avec le Parti socialiste sur les législatives, EELV devrait passer de 17 députés en 2012 à zéro l'an prochain. Sans élus, pas de financement public. Et Cécile Duflot s'attend à ce que le Parti socialiste lui opposent un ou une candidat(e) sérieux(se) dans sa circonscription. 

De la gauche plurielle à l'écologie de combat. Rien d'étonnant, donc, à ce que l'ancienne ministre mette toute son énergie dans une primaire qu'elle avait tout fait pour court-circuiter, mais qui est aujourd'hui sa dernière planche de salut. Si elle perd, il ne lui restera plus qu'à reprendre sa carrière d'urbaniste spécialiste du logement social. Ironie de l'histoire : Cécile Duflot a adhéré aux Verts en 2001, sous le gouvernement Jospin. L'enfant de la gauche plurielle, de l'écologie dite "responsable" et "de gouvernement", s'est aujourd'hui convertie au retour à une écologie de combat en opposition au PS. Un choix qui peut lui faire tout perdre politiquement.