"Ça va se débloquer" : après le retrait de l'âge pivot, l'exécutif espère la fin des grèves

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Au sein du gouvernement, on espère que le retrait de l'âge pivot permettra d'apaiser la grogne contre la réforme des retraites. 1:11
Au sein du gouvernement, on espère que le retrait de l'âge pivot permettra d'apaiser la grogne contre la réforme des retraites. © CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP
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Le retrait de l'âge pivot dans le texte de la réforme des retraites, annoncé samedi par le gouvernement, est-il de nature à apaiser la grogne sociale ? Dans les couloirs des ministères, de Matignon et de l'Élysée, on l'espère... sans pouvoir en être certain.

Est-ce le début d'une sortie de crise ? Samedi, le Premier ministre Edouard Philippe a adressé une lettre aux syndicats, leur indiquant qu'il renonçait à faire figurer l'âge pivot dans le projet de réforme des retraites. Une condition sine qua non pour les réformistes, insuffisantes pour les plus durs. L'exécutif espère néanmoins que cela suffira pour mettre fin aux grèves et aux blocages qui durent désormais depuis plus d'un mois.

"Les jusqu'au-boutistes vont se retrouver isolés"

"C'est de nature à apaiser le débat public", explique un conseiller de Matignon. Dans les équipes d'Edouard Philippe, on espère que ce "message fort envoyé aux Français" permettra "d'en finir avec les grèves dans les transports publics". Plusieurs éléments viennent d'ailleurs accréditer cette hypothèse, à commencer par l'attitude des syndicats réformistes, qui n'ont pas caché leur satisfaction. "Laurent Berger s'est précipité pour répondre au courrier du Premier ministre", s'amuse un ministre. "Ça va se débloquer", veut croire un autre membre du gouvernement à Bercy.

 

Quoi qu'il en soit, la tension au sein de l'exécutif est retombée d'un cran. Même si on reste attentif à l'attitude des syndicats plus durs, comme la CGT, FO et SUD dans les transports. Mais "les jusqu'au-boutistes qui demandent le retrait pur et simple vont se retrouver isolés", pronostique un conseiller à Matignon.

Un membre du gouvernement s'inquiète quand même. "Il ne faut humilier personne, mais dans la rue, il y a 150.000 militants qui réclament un régime chaviste… et pour qui nous n'avons pas vraiment de réponses."

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Margaux Baralon