Municipales 2020 : à Bordeaux, qui après Alain Juppé ?

  • A
  • A
Le Palais Rohan, objet de convoitises des successeurs potentiels d'Alain Juppé.
Le Palais Rohan, objet de convoitises des successeurs potentiels d'Alain Juppé. © AFP
Partagez sur :
Dans la cité girondine, l’ombre de celui qui fut maire pendant 22 ans plane fortement sur le scrutin municipal. Si son successeur désigné, Nicolas Florian, part favori, il devra sans doute en passer par un second tour, fait inédit depuis la Libération. Les écologistes et Philippe Poutou, soutenu par LFI, joueront les trouble-fêtes.

A Bordeaux, les municipales sont traditionnellement une formalité. Et les électeurs de la cité girondine bénéficient depuis la Libération du second dimanche de scrutin pour vaquer à leurs occupations favorites. Jacques Chaban-Delmas d’abord (en 1947, 1953, 1959, 1965, 1971, 1977, 1983, 1989), Alain Juppé ensuite (en 1995, 2001, 2008 et 2014), l’ont en effet à chaque fois emporté dès le premier tour. Il devrait en être autrement cette fois. Si Nicolas Florian, le successeur désigné d’Alain Juppé, qui occupe le poste depuis mars 2019 et le départ de l’ancien premier ministre au Conseil constitutionnel, part favori, il devra sans doute en passer par un second tour.

La percée Poutou

Selon un sondage BVA pour Europe 1 publié le 20 février, Nicolas Florian, soutenu par Les Républicains et le MoDem mais sans étiquette sur le papier, est en effet crédité de 40% des intentions de vote. Suffisant pour envisager la victoire, mais insuffisant pour l’emporter dès le premier tour. C’est qu’au départ de l’emblématique Alain Juppé se sont ajoutés deux autres faits notables : la montée en puissance des écologistes, dans un contexte national, et celle, spectaculaire, de Philippe Poutou au niveau local.

Qu’on en juge : déjà candidat en 2014, le porte-parole du NPA avait recueilli 2,51% des voix. Cette fois, il est soutenu par La France insoumise, et a gagné un peu plus en notoriété en étant le trublion de la présidentielle de 2017. Le double effet est immédiat : 12% d’intentions de vote, et donc un probable maintien au second tour. Surtout, le candidat d’extrême gauche se paye le luxe de devancer dans cette enquête Thomas Cazenave (11%), étiqueté LREM. Et qui n’a donc plus guère que le ralliement à Nicolas Florian pour espérer siéger au Palais Rohan, l’Hôtel de ville de Bordeaux.

L'écologiste Hurmic si proche, si lon

Un ralliement qui ne ferait pas les affaires de Pierre Hurmic, conseiller municipal depuis 1995, et qui n’a jamais été aussi proche de la victoire. Ce sera tout de même compliqué pour le candidat Europe Ecologie-Les Verts, d’autant que Philippe Poutou a déjà annoncé qu’il ne se rallierait pas avec le reste de la gauche s’il franchit la barre fatidique des 10%.

Et pourtant, jamais sans doute le contexte n’aura été aussi porteur pour le candidat écologiste. A Bordeaux plus qu’ailleurs, les thèmes liés à l’environnement tiennent au cœur des citoyens : 37% des Bordelais interrogés citent en effet la protection de l’environnement comme priorité, juste derrière les conditions de circulation et le stationnement (40%).  

Le terreau est favorable donc pour Pierre Hurmic. Sauf que Bordeaux reste encore pour beaucoup la ville d’Alain Juppé. Et ce simple fait devrait éclipser tous els autres et favoriser l’élection de Nicolas Florian.