"Aucun blocage" pour diffuser le vaccin russe Spoutnik en France, selon Le Drian

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Jean-Yves Le Drian était l'invité de la matinale d'Europe 1, mercredi matin. 1:42
Jean-Yves Le Drian était l'invité de la matinale d'Europe 1, mercredi matin. © Europe 1
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"Les vaccins n'ont pas de nationalité", a martelé le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, invité de la matinale d'Europe 1, mercredi. Rien ne s'oppose selon lui à la diffusion du vaccin russe Spoutnik V contre le Covid-19 en France, "s'il correspond aux normes scientifiques et aux exigences de robustesse et de contrôle qui s'imposent". 
INTERVIEW

"L'important, c'est d'avoir un médicament qui marche", selon Jean-Yves Le Drian. Invité de la matinale d'Europe 1, mercredi matin, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a estimé qu'il n'y avait "aucun blocage" pour que le vaccin russe Spoutnik V contre le Covid-19 soit diffusé en France, à condition qu'il soit validé par l'Agence européenne du médicament et la Haute autorité de Santé. "Les vaccins n'ont pas de nationalité", a-t-il martelé. 

"Sanofi doit poursuivre ses études" pour produire un vaccin

"S'il correspond aux normes scientifiques et aux exigences de robustesse et de contrôle qui s'imposent en Europe", le vaccin pourra donc être injecté à des citoyens français, selon le ministre. Une position influencée par l'échec du laboratoire français Sanofi, qui a abandonné le principal projet de vaccin sur lequel il travaillait ? "Il ne faut pas caricaturer les choses", répond le ministre. "Sanofi doit poursuivre ses études et à un moment donné, ils produiront un vaccin de qualité", ajoute-t-il, jugeant que "la longue épopée pour que l'ensemble de l'humanité soit vaccinée" est loin d'être finie. 

Pour Jean-Yves Le Drian, la logique de la vaccination doit être pensée à long terme. "Il y avait, au point de départ, la volonté européenne de diversifier ses portefeuilles de laboratoires, faire en sorte qu'il y en ait un nombre suffisant, avec des technologies suffisantes", souligne-t-il. "Sanofi a pris une technologie qui, apparemment n'a pas marché. On peut imaginer qu'ils sont encore en train de travailler, je suis sûr qu'ils aboutiront à quelque chose."

Ne pas "réduire le poids de la France" à ce retard,

L'ancien président de la région Bretagne refuse donc de "réduire le poids de la France" à ce retard. Le pays est certes le seul des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas avoir fabriqué de vaccin. Mais les processus de production sont "longs", indique-t-il. "Sanofi produira aussi des vaccins pour Pfizer. Nous sommes dans une accélération de la production qui permettra, je l'espère, de sortir de cette impasse."

Europe 1
Par Margaux Lannuzel