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Après le fiasco de l'affaire Lyhanna, le gouvernement contraint de réagir sur le renforcement de la protection de l'enfance

Sébastien Lecornu (Photo d'illustration). [Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Ce mardi à Matignon, le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni en urgence plusieurs membres de son gouvernement, dont Laurent Nuñez et Gérald Darmanin, afin d'arbitrer de nouvelles mesures de protection de l'enfance après le scandale autour de l'affaire Lyhanna.

Face à l'indignation unanime de la classe politique, Sébastien Lecornu veut éviter tout procès en inaction. Alors que le gouvernement est au cœur de la tempête avec l'affaire Lyhanna, le Premier ministre a organisé dans l'urgence une réunion de travail en fin de matinée ce mardi à Matignon avec plusieurs ministres, dont Laurent Nuñez, Gérald Darmanin, Édouard Geffray et Stéphanie Rist.

Au programme : arbitrer de nouvelles mesures pour mieux protéger les enfants, alors que les citoyens et les parlementaires réclament des réponses. Ensuite, Sébastien Lecornu a tenté d'apaiser dans l'après-midi un hémicycle surchauffé. 

Une mauvaise "interprétation" des dossiers ?

Devant la commission des lois du Sénat qui s'interroge sur les dysfonctionnements judiciaires entourant l'affaire Lyhanna, Gérald Darmanin assume une incompréhension sur le fait que Jérôme Barrella n'ait pas été placé en garde à vue plus tôt. 

"Ce monsieur était connu deux fois des services de justice et de police, mais il n'a jamais été condamné. Les applicatifs dans le cadre de la loi ont totalement marché. Ce qu'on n'a pas fait, c'est que quand on a vu les antécédents, on ne s'est pas dit : 'plusieurs points, cela fait une ligne.' Ce ne sont pas les fichiers qui n'ont pas fonctionné, c'est l'interprétation de cela", a estimé le garde des Sceaux.

La recherche de solutions concrètes et rapides

Depuis bientôt une semaine, les questions s'enchaînent et pas question pour le gouvernement d'esquiver les réponses. Sébastien Lecornu veut donc des solutions concrètes et rapides. 

"Seul le résultat compte et donc il nous faut agir vite. Premier moyen d'agir vite, c'est évidemment de faire la vérité. Je souhaite qu'on avance sans démagogie, sans instrumentalisation, pour apporter une réponse sociétale à un problème de société large", a plaidé le Premier ministre.

D'abord en ajoutant dès maintenant plusieurs mesures au projet de loi sur la protection des enfants, comme le renforcement des peines pour les violeurs en série, permettant de condamner à la perpétuité plutôt qu'à la limite de 20 ans prévue à ce jour. 

D'autres propositions sont sur la table, telles qu'un délai maximal de trois mois d'enquête pour les crimes contre les enfants, mais aussi l'ouverture d'un débat sur les prescriptions, la transparence des procédures pour les victimes ou encore la nécessité de motiver les décisions de classement sans suite concernant les crimes et délits sexuels.

Autant d'éléments débattus ce mardi matin et qui seraient ajoutés au projet de loi inscrit à l'agenda du Parlement dès le mois de juillet. 

Pas suffisant pour l'opposition

D'ici là, pas question de relâcher la pression. Le locataire de Matignon s'est également engagé à publier l'intégralité des conclusions de l'enquête dans une dizaine de jours pour tenter d'expliquer ce qu'il s'est réellement passé avant la fin du mois de juin.

Une réaction qui peine néanmoins à convaincre les oppositions. Quand La France insoumise réclame la démission de Gérald Darmanin, Marine Le Pen s'interroge sur "ces nouvelles lois de circonstance qui agissent à la marge des problèmes".