Un rapport de l'Inspection générale de la justice met en lumière une série de dysfonctionnements dans le traitement de précédentes accusations visant Jérôme Barella, principal suspect dans l'affaire Lyhanna. Délais, erreurs de procédure et signalement égaré ont fragilisé les investigations.
Manque de moyens, délais excessifs… Dans l'affaire Lyhanna, un nouveau rapport met en lumière les graves dysfonctionnements de l'enquête portant sur de précédentes accusations de violences sexuelles visant Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et la mort de la jeune fille en juin dernier. Les conclusions de l'Inspection générale de la justice sont accablantes.
Un psychologue qui ne figure pas sur la liste des experts judiciaires
Le document revient d'abord sur une plainte déposée en octobre 2022 à Béthune (Pas-de-Calais) par la mère d'une fillette de 9 ans. Elle affirme que sa fille aurait été violée deux ans plus tôt, dans le Gers, par Jérôme Barella. Mais l'enquête est marquée par de nombreux manquements.
La fillette est examinée par un psychologue qui ne figure pas sur la liste des experts judiciaires. Celui-ci met en doute la crédibilité de l'enfant et relève plusieurs incohérences dans son récit. Conséquence : le dossier est fragilisé et n'est plus considéré comme prioritaire.
Un mail dirigé vers les courriers indésirables
Pendant les dix mois suivants, le dossier fait la navette entre le parquet de Béthune, qui s'est dessaisi de l'affaire, et celui d'Auch, désormais chargé des investigations. Dix mois sans la moindre avancée, avant que la procédure ne soit finalement classée sans suite en juin 2024.
Le rapport révèle également qu'un signalement de l'Aide sociale à l'enfance, adressé par courriel au parquet d'Auch en mars 2026, n'est jamais parvenu à son destinataire. Il concernait deux mineurs accusant Jérôme Barella d'agressions sexuelles, mais le message a été automatiquement dirigé vers les courriers indésirables de la messagerie du parquet. Ce signalement avait été effectué moins de trois mois avant la mort de Lyhanna.