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Alexis Delafontaine avec AFP , modifié à
Le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot , tient à Laon son premier meeting de campagne. Un événement important pour le candidat qui peine à décoller et à faire taire les appels à l'union, dont celui d'Anne Hidalgo en faveur d'une primaire à gauche.

Le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, tient samedi dans l'Aisne le premier grand événement d'une campagne qui peine à décoller et à faire taire les appels à l'union, dont celui d'Anne Hidalgo en faveur d'une primaire à gauche. Dans un gymnase de Laon, à quelques kilomètres de son village natal, il tiendra dans l'après-midi un "Forum des possibles", avec témoignages de citoyens précédant sa prise de parole.

Quelques centaines de personnes attendues

Quelques centaines de personnes sont attendues, au contraire des grandes messes d'Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon le weekend dernier. Yannick Jadot a vanté, mercredi devant la presse, ce "modèle réduit" loin des meetings, "de grosses machines pour parler à ses électeurs d'abord". Une justification qu'un proche de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi un cadre d'EELV, raillent en privé, pointant plutôt l'incapacité à mobiliser davantage de militants - talon d'Achille des Verts depuis toujours.

Les sondages créditent Yannick Jadot d'entre 6 et 9% des intentions de vote, un score famélique au regard de son ambition de se qualifier au second tour puis de l'emporter. "Le match n'a pas commencé" et se tiendra à partir de janvier, veut rassurer l'ex-numéro 1 d'EELV David Cormand. "On ne joue pas la campagne sur la réunion de samedi, c'est une première initiative qui s'inscrit sur le temps long", abonde Delphine Batho.

Mais l'équipe de Yannick Jadot avait tablé sur un décollage dans les sondages cet automne, qui n'est jamais arrivé, raconte un interlocuteur régulier sous couvert d'anonymat : "Ils m'ont dit qu'ils pensaient être à 11% en octobre, et à 13% à Noël... Ils sont à 6 ou 7. Honnêtement, sa campagne est décevante".

"Confusion"

Yannick Jadot a en particulier pâti du débarquement de son coordinateur des porte-parole, Matthieu Orphelin, éclaboussé par l'affaire Hulot, et qui a en retour mis en cause les "difficultés" de la campagne. "On a ajouté au psychodrame en arrachant le pansement de mauvaise manière, les gens se sont dit qu'on avait des choses à se reprocher", regrette l'eurodéputé David Cormand. Il ne se veut pas inquiet mais constate : "Zemmour, affaire Hulot, dynamique Pécresse, on a du mal à se faire entendre. Il y a beaucoup de confusion, c'est compliqué pour une force émergente comme la nôtre de structurer notre électorat. Il faut être prescripteur, continuer à parler sur le fond".

Un autre obstacle s'est dressé dans le couloir du coureur de fond Yannick Jadot : la proposition d'une primaire à gauche, mercredi par sa concurrente socialiste Anne Hidalgo. L'écolo s'est empressé de refuser l'offre en pesant ses mots : "Non, je ne participerai pas à une primaire de la gauche". Cette fois-ci c'est son tour, après un retrait en 2017 en faveur de Benoît Hamon, a-t-il en substance argumenté, défendant un "projet" écologiste à même de rassembler les électeurs de gauche, à défaut des partis.

Une réponse qui a rendu furieux Alain Coulombel, représentant de l'aile gauche dans le bureau exécutif d'EELV : "C'est une erreur politique que d'avoir répondu aussi sèchement. On va perdre un peu plus la génération climat, les jeunes, les syndicats, les acteurs de l'économie sociale et solidaire qui attendent de nous qu'on se rassemblent". Pour celui qui est aussi porte-parole d'EELV, la campagne est "poussive" : "Yannick fait de bonnes interventions médiatiques mais ça ne suffit pas, il faut aussi pouvoir mobiliser les militants."

Les organisateurs de la Primaire populaire, eux, vont continuer à mettre la pression sur Yannick Jadot. L'argument massue qu'ils lui tiennent, rapporte l'un d'entre eux : "Yannick si tu te plies à la primaire, tu la remportes".