Déficit : le "gadget" de Borloo

© MAXPPP
  • Copié
avec Aurélie Herbemont, envoyée spéciale à l'Elysée, et AFP
Le gouvernement critique sa proposition de baisser de 5% les salaires des ministres et des parlementaires.

Alors que François Fillon doit présenter mercredi en fin d’après-midi les mesures du plan d’économie du gouvernement, Jean-Louis Borloo a devancé l’annonce en proposant son plan, qui permettrait quelque 20 milliards d’euros d’économie. Parmi les mesures proposées, l’ancien ministre de l’Ecologie en met une en avant, "pour montrer l’exemple" : "que les membres du gouvernement et les parlementaires décident spontanément une baisse de 5% de leurs revenus".

Selon nos calculs, en se basant sur les salaires bruts minimum des ministres, sénateurs et députés, cet effort permettrait cinq à dix millions d’économies par an.

Jean-Louis Borloo le conçoit : "Ce n'est pas cela qui va changer le déficit du pays, mais ça veut dire qu'on se mobilise et ça a valeur d'exemple".

"Rien ne peut être fait isolément"

Au gouvernement, la proposition de l'ex numéro deux du gouvernement ne séduit pas. Loin de là. Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat à la Solidarité et de la Cohésion sociale, la considère comme une "proposition symbolique", rien de plus.

"Rien ne peut être fait isolément, hors d’une approche générale comme celle que le gouvernement mobilise derrière le président de la République", explique-t-elle au micro d’Europe 1. "Je ne crois pas que ce soit à l’échelle des besoins".

Valérie Pécresse, la ministre du Budget, juge quant à elle que cette proposition est un "gadget" qui "ne rapporterait pas grand-chose". D’autres, hors micro, qualifient la démarche de démagogique et profitent de l’occasion pour critiquer le futur candidat Jean-Louis Borloo.