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Narcotrafic : surpopulation carcérale, manque de moyens... Les réticences autour du futur quartier de haute sécurité de Réau

Prison de Réau (Archives). [Lou BENOIST AFP]

À quelques semaines de l'ouverture d'un troisième quartier de haute sécurité, destiné à accueillir 20 narcotrafiquants, dans la prison de Réau en Seine-et-Marne, les surveillants pénitentiaires tirent la sonnette d'alarme. Ils estiment que les conditions ne sont pas optimales avant l'arrivée de ces détenus très dangereux.

Deux surveillants par détenu, du personnel très qualifié, et l'objectif de neutraliser des prisonniers particulièrement dangereux : voici la prison de Réau en Seine-et-Marne et son nouveau quartier de haute sécurité qui sera ouvert fin août. Il s'agira d'une annexe dans laquelle 20 narcotrafiquants doivent être transférés.

Avant Réau, il y a eu Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe. C'est donc la troisième structure de ce type qui s'apprête à voir le jour. Cependant, les surveillants pénitentiaires montent au créneau. Ils estiment que les conditions sécuritaires ne sont pas réunies pour accueillir ces détenus extrêmement dangereux.

Une sécurisation "pas totalement terminée"

L'établissement est déjà à flux tendu, avec une surpopulation carcérale de près de 140%. Pour Wilfried Fonck, secrétaire national de l'Ufap Unsa Justice et invité d'Europe 1 Info ce mardi 4 août, l'accueil de ces 20 détenus ultra dangereux ne se fait pas dans les conditions optimales.

"On va ouvrir à marche forcée, avec une sécurisation qui n'est pas encore totalement terminée, et pour des raisons de calendrier quand bien même les travaux ne sont pas finis", regrette-t-il.

Un manque de résultats ?

Au total, 4,5 millions d'euros ont été investis pour créer ce nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée. Des moyens peu suffisants pour les syndicats, qui dénoncent des actions à petites échelles, sans forcément de résultats concrets.

"Aujourd'hui, on se retrouve avec cette démultiplication de petits quartiers où on va aller disséminer les moyens, qu'ils soient financiers, humains ou matériels, plutôt que de mettre le paquet sur des structures bien identifiées et où on aura beaucoup plus d'efficacité", estime Wilfried Fonck. D'autres quartiers dédiés aux narcotrafiquants doivent ouvrir dans les prochains mois, comme à Valence ou Aix-en-Provence.