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Azerbaïdjan : Martin Ryan, le Français emprisonné pour «espionnage», a bénéficié d'une grâce présidentielle

[AFPTV STRINGER / AFP]

Arrêté le 4 décembre 2023 puis emprisonné par les autorités azerbaïdjanaises qui l'accusaient d'"espionnage", le Français Martin Ryan a été grâcié par Bakou ce mercredi. Paris réclamait depuis des mois la libération de cet homme d'affaires condamné à 10 ans de prison dans ce pays du Caucase.

L'Azerbaïdjan a gracié mercredi Martin Ryan, un Français emprisonné dans ce pays du Caucase depuis fin 2023, une décision intervenant quelques heures après la levée des sanctions européennes visant l'oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov que demandait la France. Selon un décret du président azerbaïdjanais Ilham Aliev publié mercredi, Martin Ryan figure dans une liste de 20 personnes graciées et il est le seul ressortissant français à en bénéficier.

Selon un diplomate à Bruxelles, Paris a fait pression auprès des pays membres de l'UE pour lever les sanctions visant Alicher Ousmanov dans le cadre d'un accord de libération de prisonniers impliquant des citoyens français détenus en Azerbaïdjan. La France n'a jamais confirmé de telles tractations, mais réclame depuis des mois la libération de l'homme d'affaires Martin Ryan, condamné à 10 ans de prison pour "espionnage" en mars 2026.

Accusé d'"espionnage" au profit des services secrets français

Installé à Bakou depuis plusieurs années, Martin Ryan avait été arrêté le 4 décembre 2023 par les autorités azerbaïdjanaises, l'accusant d'"espionnage" au profit des services secrets français. Le ministère français des Affaires étrangères a toujours rejeté "catégoriquement" ces accusations, qualifiant cette détention d'"arbitraire".

Selon l'accusation, Martin Ryan aurait collecté des informations concernant les relations de l'Azerbaïdjan avec la Turquie, l'Iran et le Pakistan, concernant des entreprises liées à la Russie et à la Chine et sur des questions stratégiques régionales liées au Karabakh. Son procès avait débuté en janvier 2025 à Bakou mais ce n'est que plus d'un an plus tard, le 16 mars dernier, qu'il avait été condamné. Un coaccusé azerbaïdjanais, Azad Mamedli, avait été, lui, condamné à 12 ans de prison pour "haute trahison".

Selon le décret présidentiel azerbaïdjanais publié mercredi, outre Martin Ryan, quatre autres ressortissants étrangers figurent parmi les personnes libérées: un Russe, un Pakistanais et deux Turcs. Un autre citoyen français est emprisonné en Azerbaïdjan, l'homme d'affaires Anass Derraz. Il a été condamné à 12 ans de prison en novembre 2025 à Bakou dans une affaire où il est accusé d'avoir accepté un pot-de-vin d'un oligarque russe.

Des relations franco-azerbaïdjanaises dégradées 

Les relations bilatérales entre la France et l'Azerbaïdjan se sont fortement dégradées après la reprise par Bakou, en septembre 2023, du contrôle du territoire du Karabakh, alors à majorité arménienne, ce qui a provoqué le déplacement de plus de 100.000 habitants. Bakou reprochait le soutien de Paris à l'Arménie. Les autorités françaises ont accusé en retour l'Azerbaïdjan d'une ingérence concernant ses territoires d'outre-mer, ce que Bakou nie.

En mai, le président français Emmanuel Macron avait discuté par téléphone avec Ilham Aliev des moyens de "développer" la relation entre leurs deux pays au sortir de ces vives tensions.