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«De 100% en 2028, jusqu'à 200% en 2029» : Washington prépare une nouvelle vague de droits de douane

[Matthias Balk - DPA Picture Alliance - via AFP]

Les États-Unis ont commencé à appliquer, mercredi 22 juillet, de nouvelles surtaxes sur une partie des importations brésiliennes. Le gouvernement entend cette fois s'appuyer sur les conclusions d'enquêtes de l'administration pour pérenniser ces droits de douane sur une soixantaine d'autres partenaires. 

Près de cinq mois après avoir vu ses premiers droits de douane annulés par la Cour suprême, la Maison Blanche devrait annoncer "prochainement" de nouvelles surtaxes visant ses principaux partenaires commerciaux, sur le modèle de ceux qui entrent en vigueur, mercredi 22 juillet, contre le Brésil.

Une série de produits brésiliens sont en effet désormais taxés, depuis ce matin 00H01, de 25% supplémentaires, à l'issue d'une enquête sur les pratiques jugées "déraisonnables" de Brasilia. Selon le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer, interrogé sur CNBC, ces pratiques ont particulièrement touché le commerce américain en "réduisant l'accès à l'un de ses principaux marchés d'exportations". 

Ces nouveaux droits de douane ne concernent qu'environ la moitié des importations provenant du pays sud-américain, soit autour de 11 milliards de dollars, selon diverses estimations.

Quelques heures auparavant, Donald Trump avait annoncé la mise en place de nouveaux droits de douane de 100% sur les médicaments génériques importés, qui entreront en vigueur à partir d'août 2028, ce taux devant ensuite passer à 200% en 2029.

Après le Brésil, les États-Unis entendent imposer de nouveaux droits de douane à une soixantaine d'économies. Washington compte les justifier en s'appuyant sur les conclusions d'enquêtes lancées par l'USTR sur certaines pratiques commerciales, qu'il s'agisse d'une "surcapacité structurelle" ou de manquements à l'interdiction du travail forcé.

Mais le temps presse pour le gouvernement américain, qui souhaite que ces surtaxes prennent le relais de celles qui doivent arriver à expiration vendredi 24 juillet 2026. Ces droits de douane temporaires avaient été la réponse d'urgence du président américain après l'invalidation par la plus haute juridiction américaine en février dernier, de ceux mis en place l'année dernière.

Une base juridique pour pérenniser les taxes

Fin février, la Cour suprême avait annulé une bonne part des droits de douane voulus par Donald Trump, mais cette décision ne concernait pas les surtaxes visant certains secteurs importants comme l'automobile, l'acier, l'aluminium ou encore le cuivre, restés en vigueur. 

Donald Trump avait alors annoncé la mise en place de nouveaux droits de douane, se basant sur un texte qui ne l'autorise à appliquer cette surtaxe que pour une durée de 150 jours maximum.

Dans le même temps, l'USTR avait donc lancé ces enquêtes, qui doivent permettre à Donald Trump de mettre en place ces surtaxes de manière durable. "On devrait voir du mouvement prochainement", même si "je ne peux pas préciser le calendrier", a déclaré M. Greer lors d'une interview accordée à CNBC mardi 21 juillet.

Début juin, Jamieson Greer a proposé, à l'issue de ces enquêtes, d'imposer 12,5% à environ 45 pays ayant, selon ses services, échoué à instaurer une interdiction de l'importation de biens issus du travail forcé.

Pour les pays disposant d'une telle interdiction, mais dont les efforts pour l'appliquer sont jugés insuffisants, comme le Canada, l'Équateur, l'Union européenne, l'Indonésie, le Mexique ou le Pakistan, l'administration Trump propose d'imposer un taux réduit à 10%. Idem pour le Royaume-Uni, dont l'interdiction est jugée partielle. Certaines de ces économies sont également visées par une enquête sur les surcapacités industrielles.

Le Canada en première ligne de mire

Outre le Brésil, le gouvernement américain a d'ores et déjà annoncé de nouveaux droits de douane visant un certain nombre de produits canadiens, "en réponse au traitement discriminatoire du Canada sur les produits américains". Cette nouvelle surtaxe, de 50% supplémentaires, doit entrer en vigueur dans un mois.

"C'est une réponse aux mesures de représailles" prises par Ottawa après les premiers droits de douane imposés par Washington en 2025 : "cela fait un an que nous demandons au Canada de les retirer, de les modifier, de les ajuster", a justifié mardi Jamieson Greer.

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a répondu qu'il comptait examiner "toutes les options", assurant que "le Canada (ferait) ce qui est nécessaire pour soutenir ses travailleurs, ses emplois". "Nous avons convenu d'intensifier nos négociations dans les deux prochaines semaines", a-t-il ajouté en précisant qu'il n'envisage pas, à ce stade, de se rendre à Washington.

Les deux pays, ainsi que le Mexique, négocient actuellement une évolution de l'accord de libre-échange liant les trois pays (ACEUM).