Donald Trump ravive la tension commerciale avec l’Europe en menaçant de porter à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis. Une annonce faite sur Truth Social qui inquiète fortement l’industrie automobile européenne, en particulier l’Allemagne.
Mettra-t-il ses menaces à exécution ? Donald Trump ressort l’une de ses armes favorites : la guerre commerciale. Dès la semaine prochaine, les véhicules européens importés aux États-Unis pourraient être taxés à 25 %, contre 15 % actuellement. L'annonce faite vendredi par le président américain sur son réseau Truth Social est une très mauvaise nouvelle pour l’industrie automobile du Vieux Continent.
L’économie allemande fortement touchée
Le lobby automobile allemand appelle d’ailleurs à la désescalade et à l’ouverture de négociations, alors que quelque 700.000 véhicules Mercedes ou Volkswagen sont exportés chaque année vers les États-Unis. L’économie allemande serait la plus touchée, précise Antoine Bouët, directeur du CEPII (Centre d’analyse d’économie prospective et d’information internationale).
"Ce sont essentiellement des automobiles allemandes qui sont exportées vers les États-Unis. L’industrie est plus importante en Allemagne qu’en France, et le secteur automobile y est extrêmement important. L’Italie et la Suède sont aussi des pays plus concernés que la France par ces droits de douane potentiels", indique-t-il.
Faire pression sur l'Europe
La France serait touchée indirectement. Si moins de véhicules sont exportés, les usines tricolores produisant des pièces détachées pour les constructeurs allemands verraient leurs commandes baisser. L’Europe serait également défavorisée face au Japon et à la Corée du Sud, épargnés par cette nouvelle taxe.
Reste à savoir si ces mesures seront effectivement instaurées. Il y a un an, Donald Trump avait déjà formulé une menace similaire, avant que les accords de Turnberry, signés en août, ne fixent ces droits de douane à 15 %. Le texte doit encore être approuvé par le Parlement européen, divisé sur sa solidité juridique.
C’est la raison officielle de l’agacement du président américain, et de cette nouvelle menace, qui apparaît aussi comme un moyen de faire pression sur l’Europe, jugée peu coopérative dans les opérations militaires américaines en Iran.