Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, un jeune Russe originaire d'Ingouchie radicalisé, s'est rendu dans son ancien lycée et y a poignardé son ex-professeur Dominique Bernard, 57 ans. Son frère, mis en examen pour complicité d'assassinat et de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, a été remis en liberté sous bracelet électronique ce jeudi.
Le frère de l'auteur de l'attentat jihadiste d'Arras en 2023, au cours duquel a été tué le professeur Dominique Bernard, a été remis en liberté et assigné à résidence sous surveillance électronique, a appris jeudi l'AFP de source judiciaire. Ce jeune homme, âgé de 16 ans au moment des faits, est mis en examen pour complicité d'assassinat et de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste - ce qu'il conteste. Il était écroué depuis deux ans et demi.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris "a confirmé" mercredi "la décision de remise en liberté avec placement sous assignation à résidence avec surveillance électronique, prise par le juge d'instruction antiterroriste de première instance", a indiqué la source judiciaire. Le parquet national antiterroriste (Pnat) avait fait appel de cette décision.
Les juges d'instruction ont terminé en mars leurs investigations sur l'assassinat de Dominique Bernard, qui avait suscité une vague d'émotion en France, trois ans après celui de Samuel Paty. Le 13 octobre 2023, Mohammed Mogouchkov, un jeune Russe originaire d'Ingouchie radicalisé, s'est rendu dans son ancien lycée et y a poignardé son ex-professeur Dominique Bernard, 57 ans. Il y a aussi blessé un enseignant d'EPS et deux employés de l'établissement, avant d'être interpellé.
Mohammed Mogouchkov désormais le seul incarcéré
Mohammed Mogouchkov, son cadet et son cousin sont mis en examen dans ce dossier. Cette remise en liberté sous bracelet électronique "est une décision sage et proportionnée. La clôture de l'instruction est précisément le moment où le juge d'instruction peut apprécier, avec le recul nécessaire, le rôle de chacun des mis en cause", se sont félicités auprès de l'AFP les avocats du jeune frère, Ambroise Vienet-Legué et Margaux van der Have.
"C'est à l'aune de l'implication personnelle de notre client - et non de la nature du dossier - que cette décision a pu être prise puis confirmée en appel par la chambre de l'instruction", ont-ils ajouté. Mohammed Mogouchkov, âgé d'une vingtaine d'années, est désormais le seul incarcéré dans ce dossier. Dans une vidéo publiée avant l'attaque, il avait revendiqué son geste au nom du groupe jihadiste l'État islamique (EI).
Au cours de l'enquête, il a expliqué avoir intentionnellement tué le professeur de français, "l'une des matières" où on transmet "l'attachement du système en général de la République, de la démocratie, des droits de l'Homme". Il a répété avoir agi seul.
Son petit frère assurait être "complètement innocent"
Au printemps 2024, son petit frère a demandé de son côté à être réinterrogé pour "éclaircir" sa version des faits, assurant être "complètement innocent". Principal élément à charge : il possédait un couteau et avait confié en octobre 2023 aux enquêteurs avoir répondu aux questions de son grand frère sur son maniement "quelques semaines avant l'attentat". Il a aussi expliqué "parler de tout" avec Mohammed Mogouchkov, même de décapitation.
La veille de l'attentat, il a raconté avoir contacté son cousin, pensant que Mohammed préparait une "action violente" ou un "départ pour le jihad" mais pas un attentat. En mai 2024, il avait nuancé devant le juge, expliquant que "le stress" avait "grossi (ses) propos". Leur cousin, âgé de 15 ans au moment des faits et placé sous contrôle judiciaire, est poursuivi de son côté pour abstention volontaire d'empêcher un crime, accusé d'avoir été informé du projet et de ne rien avoir fait pour l'empêcher - ce qu'il conteste.