Cinq ans après les attentats de Trèbes et Carcassonne, le procès en appel de Marine Pequignot et Samir Manaa s’est ouvert lundi à Paris. Le parquet national antiterroriste avait fait appel de leurs condamnations, jugées trop clémentes en première instance.
Le procès en appel de deux accusés liés aux attentats de Trèbes et Carcassonne (Aude) en 2018, qui avaient fait quatre morts dont le gendarme Arnaud Beltrame, s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Paris spécialement constituée.
Marine Pequignot, la petite amie radicalisée de Radouane Lakdim qui avait tué quatre personnes le 23 mars 2018 avant d'être abattu lors de l'assaut des forces de l'ordre, comparaît aux côtés de Samir Manaa, qui avait accompagné l'assaillant acheter le couteau qui a blessé mortellement Arnaud Beltrame.
Une juridiction "spéciale"
Ces attentats avaient été revendiqués par l'organisation Etat islamique. Le procès en appel se déroule devant une juridiction "spéciale", compétente en matière de terrorisme et composée exclusivement de magistrats professionnels, sans jurés populaires.
Le parquet national antiterroriste (Pnat) avait fait appel des condamnations de Marine Pequignot et Samir Manaa, jugées trop clémentes en première instance, à l'hiver 2024.
La jeune femme, aujourd'hui âgée de 26 ans et qui se présente comme "conseillère en insertion professionnelle", avait écopé de cinq ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, reconnue coupable d'association de malfaiteurs terroriste.
Samir Manaa, 32 ans, avait pour sa part été condamné à trois ans d'emprisonnement pour des délits connexes. Mais il avait été relaxé d'association de malfaiteurs terroriste, ainsi que trois autres des cinq accusés.
Les deux accusés comparaissent libres
Le président de la cour d'assises avait à l'époque rappelé, en lisant sa décision, que cette infraction "implique quand même des actes matériels au soutien, à tout le moins, d'un projet terroriste : s'il n'y (en) a pas, même en cas de complaisance, on ne peut pas (la) retenir".
Les deux accusés comparaissent libres, alors que le procès en appel doit se tenir jusqu'au 9 octobre.
Un troisième accusé, Baghdad H., l'ami qui n'avait pas dénoncé l'assaillant selon l'accusation, avait également fait appel de sa condamnation à trois ans de prison dont deux avec sursis, mais ne s'est pas présenté lundi matin devant la cour : il a entre temps été expulsé au Maroc après le retrait de son titre de séjour en France, et n'a pu depuis être localisé. La cour a décidé de disjoindre son cas pour un éventuel procès ultérieur.
Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, 25 ans, fiché S, avait d'abord tué une personne sur un parking de Carcassonne réputé pour être un lieu de rencontre homosexuel. Puis, dans un supermarché de Trèbes, il en avait exécuté trois autres, dont le gendarme Arnaud Beltrame qui s'était livré comme otage à la place d'une femme. L'assaillant avait été abattu par les forces d'intervention.