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Incendie de Crans-Montana : un ex-responsable de la commune fait valoir son droit au silence

L'incendie du bar de Crans-Montana a fait 41 morts et 115 blessés - dont de nombreux étrangers - la nuit de la Saint-Sylvestre. [Fabrice COFFRINI / AFP]

Dans l’enquête sur l’incendie meurtrier d’un bar à Crans-Montana lors du Nouvel An, un ancien responsable communal a choisi de garder le silence face aux enquêteurs. Une décision qui interroge, alors que les investigations se poursuivent pour établir les responsabilités.

Un ancien responsable de la station de ski de Crans-Montana, qui devait être entendu mercredi dans l'enquête sur l'incendie mortel d'un bar la nuit du Nouvel An, a choisi de garder le silence en attendant d'avoir accès au dossier, a indiqué son avocat à l'AFP.

L'enquête doit lever le voile sur les circonstances exactes de l'incendie, le respect des normes de sécurité par les propriétaires et les différentes responsabilités, la commune ayant reconnu l'absence de contrôles incendie dans le bar depuis 2019 alors qu'ils doivent être effectués tous les ans.

"Le prévenu a refusé de collaborer"

Le ministère public valaisan a entamé cette semaine une nouvelle vague d'auditions à Sion, en faisant venir pour la première fois cet ancien responsable du département incendie de Crans-Montana, dont le nom n'est pas mentionné dans la presse suisse.

"L'audience n'a duré que 15-20 minutes parce que le prévenu a refusé de collaborer après s'être vu notifier les charges", a déclaré Me Robert Assaël, un des avocats des parties civiles, à l'AFP.

"Je suis choqué qu'il n'ait pas répondu aux questions alors que les victimes (...) n'attendent qu'une chose, la vérité", a-t-il dit.

L'avocat de cet ancien responsable, Me Fabien Mingard, a expliqué à l'AFP que son "client a fait valoir son droit au silence car il n'a pas (encore) accès au dossier". "Il répondra aux questions du ministère public dès qu'il aura accès au dossier", a-t-il affirmé.

Les deux gérants placés sous "mesures de contrainte"

Jacques Moretti, un Français copropriétaire avec son épouse Jessica du bar, est le principal mis en cause dans l'enquête sur l'incendie qui a fait 41 morts et 115 blessés - dont de nombreux étrangers - la nuit de la Saint-Sylvestre.

L'incendie a été provoqué selon l'enquête par les étincelles de bougies "fontaine" qui ont enflammé une mousse insonorisante au plafond du sous-sol du bar. Les deux gérants ont été entendus à deux reprises depuis l'ouverture de l'enquête pénale les visant.

Jacques Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, puis libéré le 23 après le paiement d'une caution de 200.000 francs suisses. Il a ensuite été placé comme son épouse sous "mesures de contrainte".

"Étonné" du silence

Me Nicola Meier, un des avocats des époux Moretti, s'est dit "étonné" du silence mercredi de l'ancien responsable de la commune, tout en soulignant que "c'est un droit".

"Les époux Moretti (...) n'ont jamais refusé de répondre à la moindre question. Ils ont toujours fait acte de pleine collaboration et c'est encore le cas aujourd'hui et ça le sera toujours demain", a-t-il assuré à l'AFP. L'audition de Jacques Moretti le 7 avril a elle été reportée sine die après le dépôt de certificats médicaux par ses avocats.

Outre le couple Moretti, sept autres personnes ont été été placées sous investigation pénale, pour "incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles graves par négligence".

Parmi eux figurent l'actuel président de la commune, Nicolas Féraud, et d'anciens ou actuels responsables de la sécurité de Crans-Montana, qui doivent être entendus ces prochains jours.