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Guerre au Moyen-Orient : pourquoi l'armée américaine concentre-t-elle son action sur la petite île de Kharg ?

L'île de Kharg dispose de nombreuses installations pétrolières pour l'Iran. [Fatemeh Bahrami / ANADOLU AGENCY / Anadolu via AFP]

Après des frappes américaines sur l’île pétrolière de Kharg, l’Iran a mis en garde contre d’éventuelles représailles visant des entreprises américaines au Moyen-Orient. Ce petit territoire du Golfe concentre pourtant un enjeu majeur : l’essentiel des exportations de pétrole de Téhéran.

Nouvelle montée de tension entre Téhéran et Washington. L’Iran a averti ce samedi qu’il pourrait viser des installations d’entreprises américaines au Moyen-Orient si ses infrastructures énergétiques venaient à être frappées. Cette mise en garde intervient au lendemain de frappes américaines sur l’île de Kharg, au large des côtes iraniennes.

Car derrière ce territoire discret se cache un point névralgique pour l’économie iranienne. Située à moins de 30 kilomètres du littoral, l’île de Kharg constitue le principal hub pétrolier du pays. Près de 90 % des exportations de brut iranien y transitent avant de rejoindre le détroit d’Ormuz, à environ 500 kilomètres.

Les images aériennes révèlent l’ampleur de cette plateforme énergétique : de vastes réservoirs cylindriques de stockage, des terminaux capables d’accueillir des pétroliers géants et même une piste d’atterrissage.

90% des exportations du pétrole iranien

Le développement de l’île remonte aux années 1960 et 1970. À l’époque, l’Iran fait face à une contrainte géographique majeure : une grande partie de son littoral est trop peu profonde pour permettre l’accostage de superpétroliers. Kharg s’impose alors comme la solution idéale et devient rapidement un maillon central de l’exportation pétrolière du pays.

Cette importance stratégique en a fait une cible dans le passé. Pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, l’Irak avait massivement bombardé l’île afin de perturber les exportations de pétrole iraniennes.

Selon Washington, les frappes menées hier ont uniquement visé des cibles militaires, laissant les installations pétrolières intactes et les activités se poursuivre normalement. Mais la pression reste forte. Donald Trump menace désormais de s’attaquer directement aux infrastructures pétrolières si l’Iran allait plus loin dans ses menaces de blocage du détroit d’Ormuz.

Une telle stratégie viserait à frapper le régime au portefeuille. Les exportations de pétrole représentent en effet près de 40 % des revenus de l’État iranien. Toucher Kharg ou les installations associées reviendrait donc à s’attaquer directement au cœur économique de la République islamique.