Peer de Jong affirme dans Europe 1 Matin Week-end que le conflit contre les mollahs en Iran s'est transformé en "guerre du pétrole". L'ancien colonel des troupes de marine, détaille l'évolution de la situation, de l'opération Epic Fury, à la guerre de l'or noir, en passant par des bombardements intensifs.
Un changement de braquet. L'opération Epic Fury qui a permis l'élimination de l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février dernier, s'est transformé en guerre. Et ce conflit a encore une fois changé de nature, en devenant une "guerre du pétrole", assure Peer de Jong dans Europe 1 Matin Week-end.
Après avoir frappé des installations pétrolières il y a une semaine, Donald Trump s'est en effet attaqué à l'île de Kharg, hub pétrolier de l'Iran situé dans le Golfe. Et si Washington n'a pas encore frappé les infrastructures stratégiques de l'île, les intentions américaines laissent peu de place au doute.
Des stratégies proches
C'est par cette île, à une vingtaine de kilomètres du continent que "transite à peu près 90% de l'exportation du pétrole iranien. Donc c'est absolument déterminant pour les Iraniens de la garder", rappelle d'ailleurs l'ancien colonel des troupes de marine.
"Ce que l'on voit également depuis une semaine, c'est que la guerre s'est transposée. [...] On est vraiment rentrés dans une guerre du pétrole. Il y a une stratégie iranienne qui est de faire monter les cours du Brent qui dépasse aujourd'hui les 100 dollars le baril, ce qui est énorme, quasiment 40% de plus. Et de l'autre côté, les Américains procèdent aux mêmes menaces. Donc on est sur des stratégies assez proches l'une de l'autre, sachant quand même qu'aujourd'hui, c'est les Iraniens qui ont le tempo. Les Américains sont plutôt suiveurs aujourd'hui."
"Les Américains planifient très bien leurs opérations, mais je pense qu'ils avaient considéré que les Iraniens ayant besoin d'exporter leur pétrole ne toucheraient pas ni aux installations pétrolières dans le Golfe, ni ne bloqueraient pas non plus le détroit d'Ormuz, qui est déterminant. C'est la veine jugulaire du système et c'est vrai qu'aujourd'hui, le cœur du sujet est là. Tant que le détroit d'Ormuz n'est pas débloqué, tant que les bateaux ne passent pas, la situation internationale restera extrêmement tendue."