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La fermeture du détroit d'Ormuz menace l’approvisionnement mondial en pétrole

La situation continue de se tendre autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près de 1/5e du pétrole mondial. [Nikolas Kokovlis / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Pris pour cibles par les Gardiens de la révolution iraniens, des navires évitent désormais le détroit d'Ormuz. Cette perturbation majeure du trafic pétrolier mondial fait craindre une flambée durable des prix et des tensions sur l’approvisionnement.  

La situation continue de se tendre autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite habituellement près de 1/5e du pétrole mondial. Ces derniers jours, plusieurs navires ont été pris pour cibles par les Gardiens de la révolution iraniens, piégeant environ 20.000 marins à proximité de la zone. 

L'acheminement du pétrole est, par conséquent fortement perturbé, alimentant l’inquiétude sur les marchés énergétiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), il s’agit de la plus importante perturbation de l’histoire pour l’approvisionnement pétrolier mondial.

Tant que le détroit reste fermé ou dangereux à franchir, les risques persistent, notamment pour les pays asiatiques particulièrement dépendants des exportations du Golfe. Les États producteurs de la région auraient déjà réduit leur production d’au moins 10 millions de barils par jour. 

Il manquerait actuellement au moins 7 millions de barils quotidiennement sur le marché

Le groupe Total a également annoncé suspendre environ 15% de sa production. Les volumes de pétrole disponibles diminuent rapidement. La libération des stocks stratégiques ne suffit pas à compenser ce manque.

L’économiste Philippe Chalmin rappelle que les 400 millions de barils mobilisables correspondent théoriquement à seulement 20 à 30 jours de fermeture du détroit, et encore à condition qu’ils soient répartis de manière homogène entre les pays, ce qui est loin d’être le cas. 

Avec un rythme de libération estimé à un peu plus de 3 millions de barils par jour, il manquerait actuellement au moins 7 millions de barils quotidiennement sur le marché. Dans ce contexte, les tensions sur l’offre pourraient provoquer une nouvelle flambée des prix. Certains spécialistes n’excluent pas que le baril dépasse son record historique de 147 dollars atteint en juillet 2008.