Venu soutenir un candidat à Aix-en-Provence pour les municipales jeudi soir, le militant antinarcotrafic Amine Kessaci a été exfiltré après une alerte sécurité. Une enquête judiciaire a été ouverte et confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRD) de la police judiciaire de Marseille.
Amine Kessaci a-t-il échappé à une possible tentative d’assassinat ? Le militant anti-narco marseillais fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis l’assassinat de son frère et la parution d’un livre dans lequel il dénonce l’emprise du narcotrafic sur son quartier.
Désormais engagé en politique, il figure sur les listes du maire sortant de Marseille, Benoît Payan, en vue des prochaines élections municipales. Jeudi, alors qu’il était présent à Aix-en-Provence pour soutenir un candidat, il a été très rapidement exfiltré par son service de sécurité.
Une information de la gendarmerie
Tout juste le temps de prononcer quelques mots. Ses gardes du corps donnent alors le signal et, en un instant, le militant anti-narco disparaît. Le service de protection aurait reçu à ce moment-là une information de la gendarmerie faisant état d’une possible attaque visant Amine Kessaci, son cas étant jugé particulièrement sensible.
La menace est prise très au sérieux. Le militant a donc été mis à l’abri dans une gendarmerie, où il se trouve toujours et ce jusqu’à nouvel ordre, nous confirme-t-on, dans l’attente d’éléments plus précis. Mais alors que sa présence à ce meeting — comme l’ensemble de ses déplacements — est décidée à la dernière minute et tenue dans le plus grand secret, une question se pose : comment une telle information aurait-elle pu fuiter ? Un point qui n’est, à ce stade, pas avéré.
Les véhicules de police minutieusement inspectés
Quoi qu’il en soit, les véhicules de police de l’escorte ont été minutieusement inspectés à la recherche d’un éventuel mouchard ou d’un traceur GPS. À ce stade, aucun engin électronique de quelque sorte n’aurait été découvert, insiste une source policière, qui appelle à la plus grande prudence.
Pour faire toute la lumière sur cette affaire, une enquête a été ouverte. Le procureur d’Aix-en-Provence nous informe s’être saisi du dossier au profit de la JIRS de Marseille, spécialisée dans ce type de dossiers.