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Manifestations des policiers : «On est débordé et ça va devenir incontrôlable», alerte Alain Barberis, secrétaire départemental d’Alliance Police

Les forces de l’ordre manifestent pour de multiples raisons, notamment des infrastructures qui tombent en ruine, des réponses judiciaires qui ne sont pas à la hauteur ou des budgets insuffisants. [Sameer AL-DOUMY / AFP]

Ce samedi, des policiers manifestent dans plusieurs villes de France pour dénoncer des moyens humains et matériels insuffisants, des commissariats insalubres, des véhicules vieillissants et des décisions de justice jugées trop clémentes. Ils appellent aussi les citoyens à les soutenir.

Les policiers se mobilisent dans de nombreuses villes de France ce samedi. Les forces de l’ordre manifestent pour de multiples raisons, notamment des infrastructures qui tombent en ruine, des réponses judiciaires qui ne sont pas à la hauteur ou même des budgets insuffisants. 

Face à cela, les policiers ont même appelé les Français à manifester à leurs côtés et rejoindre leur cause. Pour l’occasion, Alain Barberis, secrétaire départemental d’Alliance Police Nationale dans le Rhône, est l’invité d’Europe 1 Matin Week-end.

Un cri du coeur

"C'est un cri du cœur", clame-t-il. Pour lui, ce mouvement est "une alerte générale" et "une opération inédite" car "les policiers sont plus que frustrés aujourd’hui par rapport à cette crise sécuritaire". Au micro d’Europe 1, Alain Barberis rappelle que "la population est la première victime de cette insécurité sur le territoire".

"On se doit d’être responsable. On a une explosion de violences criminelles et des effectifs très largement insuffisants, des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. La situation est à haut risque", alerte le syndicaliste.

Des moyens humains et matériels insuffisants

Mais concrètement, quelles sont les revendications des policiers ce samedi ? "L’urgence, c’est que la prise de conscience de l’État soit enfin là et derrière, des actes très rapides. On ne peut pas entendre de la part de nos gouvernants successifs que nous sommes en guerre contre les réseaux criminels, le narcotrafic, sans avoir une armée derrière, sans avoir les moyens humains", déplore-t-il.

Le secrétaire départemental pointe du doigt également les "moyens matériels" et des "logiciels obsolètes". "Les logiciels de rédaction de procédures tombent très souvent en panne. Et les policiers ne peuvent bientôt plus commander des tenues. Il faut des mois pour en avoir une et être digne de pouvoir accueillir des victimes ou intervenir sur le terrain. Il y a énormément de choses qui ne vont pas", dénonce Alain Barberis.

Ce dernier alerte aussi sur les commissariats insalubres et des "véhicules qui dépassent les 250.000/300.000 kilomètres". Pour lui, cela peut "être dangereux".

Des décisions de justice jugées "incompréhensibles"

Lors des manifestations de ce samedi, les décisions de justice sont, elles aussi, dans le viseur des policiers et jugées "incompréhensibles pour les forces de l’ordre, les victimes et la population". "Il faut que la justice soutienne les policiers. Les décisions prises doivent aller dans le bon sens. Quand on arrête des délinquants, des criminels qui s'en prennent aux forces de sécurité intérieure, aux personnes dépositaires de l'autorité publique, ça doit être la case prison", insiste-t-il.

Selon le syndicaliste, "le signal qui est envoyé aujourd’hui, c’est qu’on relâche". Il met notamment en lumière la problématique de la délinquance des mineurs. "Le mineur de l’ordonnance de 1945 n’est pas le même mineur en 2026. Il y a un vrai sujet. Il faut prendre en urgence cette considération, que notre société a évolué. Actuellement, on est débordé et ça va devenir incontrôlable", estime-t-il. Pour Alain Barberis, les policiers se doivent d’alerter une fois de plus, "avec nos concitoyens".