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Fin de vie : un médecin en soins palliatifs à l'Institut Curie s'oppose au texte

Alexis Burnot, médecin urgentiste et en soins palliatifs à l'Institut Curie, expose pour Europe 1 les raisons le conduisant à refuser la création d'un droit à l'aide à mourir (image d'illustration). [Aline Morcillo / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Alexis Burnot, médecin urgentiste en soins palliatifs à l'Institut Curie, expose pour Europe 1 les raisons le conduisant à refuser la création d'une aide à la fin de vie, exposé devant le Sénat à partir de ce mardi 20 janvier.

Réforme sociétale majeure du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron, la création d'un droit à l'aide à mourir est débattue dès mardi dans l'hémicycle du Sénat, où les débats sur la fin de vie s'annoncent moins consensuels qu'à l'Assemblée nationale, face aux réticences de la droite.

Le texte n'évoque plus l'aide à mourir, mais une assistance médicale à mourir, avec des conditions bien plus strictes. Pourtant, pour Alexis Burnot, médecin urgentiste et en soins palliatifs à l'Institut Curie, cela reste de l'euthanasie. "Le Sénat a exigé que la personne soit en fin de vie, de pronostic à court terme, c'est-à-dire quelques heures, quelques jours ou quelques semaines, explique-t-il au micro d'Europe 1. Mais il faut savoir quelque chose d'important, c'est que la loi permet déjà, pour ce profil de patient, c'est-à-dire en toute fin de vie, de les endormir complètement s'ils étaient trop inconfortables malgré les soins qu'on leur prodiguait".

Acte d'euthanasie vs acte de sédation

Il établit une différence entre l'acte d'euthanasie impliqué par la loi fin de vie et l'acte de sédation, "un acte de soin", déjà autorisé dans le cadre de la loi. "Ça change beaucoup parce que notre quotidien à l'hôpital, ce sont des gens qui nous demandent de les aider à maintenir de la qualité de vie. Tous les patients que j'ai vu réclamer d'en finir ont stoppé la demande lorsqu'ils ont été soulagés", poursuit-il.

Le médecin craint qu'une nouvelle législation mène les patients "à réclamer une mort provoquée par défaut d'accès à une qualité de soin".